Le nouveau plan Climat vise la neutralité carbone en 2050

Le 06 juillet 2017 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Des objectifs ambitieux mais peu de moyens
Des objectifs ambitieux mais peu de moyens

Le ministre de la transition écologique et solidaire a présenté à la presse, ce 6 juillet, le nouveau plan Climat. Objectif: atteindre la neutralité carbone en 2050. Oui, mais comment?

 

L’objectif est ambitieux. Davantage encore que l’historique facteur 4 climatique qui vise à diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre de l’Hexagone entre 1990 et 2050. But du jeu: stocker autant de GES que ceux qui sont émis par les transports, les logements, l’industrie, etc. Un objectif déjà poursuivi par la Suède d’ici 2045, et par le Costa Rica en 2021. «Le plan que je présente va se structurer au fil du temps dans les 5 années à venir», a indiqué Nicolas Hulot, assurant qu’il n’y avait pas un conseil des ministres où le climat n’était pas à l’ordre du jour.


Véhicules propres et fin du diesel

Oui, mais comment faire? Inéluctable, la question reste en suspens après une heure d’annonces déclinées en «6 grands thèmes et 23 axes». Les aides à l’achat de véhicules propres (neufs ou d’occasion) font leur retour, en cas de remplacement d’un véhicule diesel antérieur à 2001 et d’un véhicule à essence d’avant 1997. Leur montant n’a pas été précisé. Plus ambitieux, aucun véhicule diesel ou essence neuf ne sera mis sur le marché en 2040. «Les conditions sont réunies», croit le nouveau ministre. Des assises de la mobilité se tiendront à la rentrée sous l’égide de la ministre des transports, en vue d’adopter une loi d’orientation en 2018.

 

La fin des passoires thermiques

La disparition des 7 millions de passoires thermiques est annoncée pour 2027. Elle sera financée grâce à une enveloppe de 4 milliards d’euros issue du plan d’investissements lancé par Edouard Philippe, ainsi qu’à des tiers financements. Des diagnostics seront proposés aux ménages modestes dès l’an prochain.  

 

Adieu énergies fossiles

La fin de la production d’électricité à partir du charbon est programmée pour 2022. Elle s’accompagnera de contrats de transition écologique. Nicolas Hulot a aussi confirmé qu’une loi allait interdire tout nouveau permis d’exploration de pétrole, de gaz et de charbon, y compris des énergies non conventionnelles.

Au rayon nucléaire, sa réduction à 50% de la production d’électricité en 2025 reste d’actualité, sans qu’aucun nom de réacteur à fermer n’ait été cité. Même chose pour les énergies renouvelables dont le cap de 32% en 2030 a été rappelé. La programmation pluriannuelle de l’énergie ne sera d’ailleurs pas révisée avant fin 2018.

 

Un prix du carbone à préciser

Très attendue, l’annonce sur la hausse du prix du carbone s’est avérée décevante. Si le ministre a affirmé qu’il devrait dépasser 100 € la tonne en 2030, son montant précis est renvoyé à la future loi de finances.

 

Zéro déforestation

Plus original, le plan Climat vise à «mettre un frein définitif aux importations de produits agricoles et forestiers issus de la déforestation en Amazonie, Asie du Sud-est et bassin du Congo, notamment pour la production d’huile de palme et de soja non durable». Cette décision ferme donc la porte à toute incorporation d’huile dans les biocarburants. «Le plan Climat s’inscrit dans le cadre de la déclaration de New York qui vise à diviser par deux la déforestation en 2020», a poursuivi Nicolas Hulot.

 

«Changer de logiciel»

En matière d’économie circulaire, une aide aux PME devrait se concrétiser, en attendant une feuille de route générale en 2018. «On va changer de logiciel mais il faut nous laisser le temps de télécharger tous les logiciels», a résumé Nicolas Hulot.

Au final, ces 23 axes laissent un goût d’inachevé, que n’ont pas manqué de souligner les ONG. «Sur le diagnostic, rien à redire. Mais où sont les mesures concrètes face à l’urgence climatique ? Nous restons sur notre faim quant à la manière d’atteindre les objectifs et de tenir les promesses parfois ambitieuses sur la voiture, le développement des énergies renouvelables et la baisse du nucléaire», commente Cyrille Cormier, chargé du climat pour Greenpeace France.

De son côté, la Fondation Nicolas Hulot regrette «l’absence de la taxe sur les transactions financières et de la réforme de la politique commerciale européenne».

Selon un récent rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), la France est à la peine pour atteindre le facteur 4. De là à viser la neutralité carbone en 2050…

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus