Le nouveau directeur du Conservatoire parle

Le 11 mars 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Colcombet
Colcombet

Quelques jours à peine après sa nomination, Yves Colcombet dévoile les grands axes de la mission du nouveau patron du Conservatoire du littoral.

Six mois après le décès d’Emmanuel Lopez, le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres retrouve enfin un directeur. Par décret du président de la République, Yves Colcombet a été nommé, le 25 février, à la tête d’un établissement relativement peu connu mais très apprécié. Précédemment directeur de projet auprès du Premier ministre pour la réforme de l'administration territoriale de l'Etat, ce conseiller référendaire à la Cour des comptes de 48 ans connaît bien son terrain… humide. «Etudiant, je chassais le gibier d’eau. J’ai passé beaucoup de temps à contempler ces milieux, à m’émerveiller devant la beauté des limicoles», raconte-t-il.

La mer n’effraie pas non plus ce voileux patenté. En 1988, le jeune administrateur des affaires maritimes a commencé sa carrière à la direction départementale des… affaires maritimes de Charente-Maritime. Face à des pêcheurs avides désireux de quotas toujours plus importants, il tente d’introduire des notions d’écologie marine dans la gestion des ressources halieutiques. «L’observation de la nature m’a appris qu’un biotope bien géré peut donner d’abondantes ressources, raconte-t-il. On le voit, par exemple, avec la coquille Saint Jacques.»

Milieu fragile et foisonnant, le littoral n’a plus de secret pour notre magistrat. Secrétaire général pour les affaires régionales à la préfecture de région des Pays de la Loire, à Nantes, ce Rennais a longuement bataillé contre les paillotes qui ne souillent pas seulement les plages corses.
Espaces lacustres, mer et littoral: Yves Colcombet était mûr pour briguer «ce poste prestigieux» qu’est la direction du Conservatoire. Un établissement unique dont la vocation est d’acheter le tiers du littoral national pour le préserver des appétits des promoteurs. «Aujourd’hui, notre patrimoine s’étend sur plus de 1.000 kilomètres de rivages, soit 12% du littoral.» La tâche reste considérable.

Cependant, malgré ce que la crise aurait pu laisser croire, l’argent ne manque pas. Depuis 2007, les deux tiers du budget du Conservatoire -dont le siège est à Rochefort (Charente-Maritime)- sont apportés par le produit du droit de francisation et de navigation des navires. Pour le reste, les mécènes restent d’une fidélité à toute épreuve, même au cœur de la tempête économique.

Des tempêtes, Yves Colcombet n’en prévoit pas sur le rivage de Rochefort, siège de l’établissement. Mais rien n’exclue l’arrivée de quelques grandes marées. «L’acquisition de terrains menacés reste et restera notre cœur de métier», avance-t-il. Mais l’année internationale de la biodiversité pourrait un peu changer la donne. «Dans ce contexte, le gouvernement se demande quel organisme serait susceptible de porter un tel dossier et quelle place laisser au Conservatoire. Toute la question est de savoir dans quel cadre s’exercera désormais notre mission. Devrons-nous fusionner avec d’autres institutions ou nouer de nouveaux partenariats?» Autant d’interrogations auxquelles une mission de réflexion, actuellement en cours, devrait répondre avant l’été.

La gestion de l’après-Xinthia est l’une des autres questions sur laquelle l’expertise du Conservatoire est attendue. «Même si nos digues sont parfois mieux entretenues que la moyenne, cela n’a pas suffi, cette fois-ci. Cette tempête nous oblige à nous poser, collectivement, la question de la gestion des espaces inondables. Faire des digues, cela coûte cher et n’est pas productif. Le rôle du Conservatoire, c’est de mémoriser ces zones potentiellement dangereuses et de les rappeler aux élus locaux et aux services de l’Etat.»


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