Le norovirus craint le cuivre

Le 18 septembre 2013 par Romain Loury
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Le norovirus, responsable de quantité de gastroentérites, vaincu par le cuivre.
Le norovirus, responsable de quantité de gastroentérites, vaincu par le cuivre.

Déjà connus pour leur efficacité antibactérienne, le cuivre et ses alliages entraînent une inactivation complète du norovirus, principal agent de gastro-entérites, selon une étude publiée dans la revue PLoS ONE.

Ce métal a déjà fait ses preuves contre plusieurs pathogènes alimentaires, dont Escherichia coli O157 et Listeria monocytogenes, mais aussi contre les streptocoques dorés. Aux Etats-Unis, une expérience menée dans trois hôpitaux a démontré une baisse de 50% du taux d’infection en utilisant du mobilier composé de ses alliages.

Or le cuivre ne serait pas uniquement efficace contre les bactéries et les champignons, mais aussi contre certains virus. Notamment le norovirus, que l’on estime responsable de 50% des gastro-entérites -en particulier les épidémies hivernales- et de 90% pour celles d’origine virale. S’il est généralement peu dangereux, ce pathogène, sans traitement bien défini, figure parmi les plus contagieux du fait de son infectiosité à très faible dose.

Menée par Sarah Warnes et William Keevil, du Centre for Biological Sciences de Southampton (Royaume-Uni), l’étude publiée dans PLoS ONE montre une inactivation complète du norovirus en 5 minutes, lorsqu’il est déposé sur une surface de cuivre pur ou de cupronickel (alliage cuivre-nickel qui constitue la partie centrale, blanche, des pièces d’un euro). Moins concentré en cuivre, le laiton (alliage cuivre-zinc) est moins efficace, avec une inactivation en 30 minutes.

 

Une action directe sur le génome viral

Selon d’autres expériences menées par les chercheurs, le cuivre agirait directement sur le génome du virus, en réduisant le nombre de copies du gène VPg[1], essentiel pour que le virus puisse infecter les cellules. Un mécanisme totalement différent de celui à l’œuvre avec les bactéries, chez lesquelles le cuivre entraîne un «suicide métabolique» par production de dérivés réactifs de l’oxygène, toxiques pour la cellule bactérienne.

Selon les chercheurs, tout pousse désormais à recourir au cuivre et ses alliages dans les lieux de vie en communauté, tels qu’établissements de soins et transports publics, «voire dans les maisons individuelles», en particulier pour les poignées de porte ou la robinetterie. Pour autant, le cuivre ne doit pas exempter d’un «nettoyage régulier et efficace». Evidemment sans agent chélateur, dont la particularité est de piéger les dications, ou atomes portant deux charges positives, tel que le cuivre dans sa forme active.



[1] «Viral-protein-genome-linked»

 



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