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Le niveau de la mer pourrait monter moins que prévu

Le 16 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Londres devra renforcer ses défenses contre les crues.
Londres devra renforcer ses défenses contre les crues.
Met Office

Fruit d’un vaste programme de recherche européen, les dernières projections de montée du niveau de la mer sont moins inquiétantes que celles publiées dans le dernier rapport du Giec . Ce qui ne signifie pas qu’il faille baisser la garde.

C’est une bonne nouvelle que nous envoie la planète mer.

Sous l’effet, notamment, du réchauffement climatique, le niveau des mers va continuer de monter. Mais sans doute moins haut qu’on ne l’avait imaginé jusqu’à présent.

Paru en 2007, le 4e rapport d’évaluation du Giec estime que, sous le double effet de la fonte des glaces telluriques et de l’expansion thermique, le niveau des océans devrait s’élever, en moyenne, de 18 à 59 centimètres au cours du XXIe siècle. Cela parait insignifiant, mais peut suffire à menacer des infrastructures côtières et des régions à faible relief (Pays-Bas, nord de la Belgique et de l’Allemagne, Danemark), faire reculer le trait de côte, polluer des nappes phréatiques. Sans oublier l’accroissement de la capacité de nuisance des grandes marées ou des tempêtes.

Pour autant, les dernières nouvelles semblent meilleures que le diagnostic posé il y a une dizaine d’années par les experts du Giec. Dans le cadre du 7e programme-cadre de recherche et de développement, l’Union européenne a financé une recherche de 4 ans sur la montée du niveau des océans. From Ice to High Sea (Ice2Sea), dont le rapport final vient d’être mis en ligne, a mobilisé des dizaines de scientifiques de 24 institutions communautaires (dont le LGGE français), mais aussi norvégienne, islandaise, suisse et chilienne.

Contrairement aux rédacteurs du Giec, ces scientifiques ne se sont pas contentés (ce qui est déjà un énorme travail) de synthétiser la littérature scientifique. Nombre d’expéditions ont permis de quantifier le rythme de fonte des glaces arctiques et antarctiques. Des résultats couplés aux dernières observations des satellites et des marégraphes. Ces volumes considérables de données ont ensuite été passés dans la moulinette de modèles informatiques spécialement conçus.

Premier résultat: l’état de la connaissance s’est grandement amélioré. Pas moins de 150 articles ont été publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture. Les résultats de certains d’entre eux seront intégrés, sans doute, au premier tome du 5e rapport d’évaluation du Giec, dont la publication est attendue pour la fin du mois de septembre. Mais le plus important n’est pas là.

En prenant comme hypothèse de travail le scénario A1B du Giec (une concentration de CO2 stabilisée à 700 parties pour million –ppm- et une hausse de température comprise entre 1,7°C et 4,4°C d’ici à la fin du siècle), l’équipe d’Ice2Sea estime que le niveau moyen des mers ne devrait pas monter de plus de 36,8 cm d’ici 2100. Le bas de la fourchette étant fixé à 3,5 cm. Pour le Vieux monde, c’est encore mieux. «Nos simulations de fonte des glaces indiquent que les côtes européennes subiront une montée du niveau de la mer de 10 à 20% moins importante que la moyenne globale.» On l’aura compris, toutes les régions du globe ne seront pas logées à cette enseigne, à commencer par les zones équatoriales.

Faut-il, pour autant, baisser la garde? Sûrement pas, estiment les chercheurs. Et de citer deux sites où l’on ne badine pas avec la montée des eaux: Londres et Rotterdam. En partenariat avec le Met Office, l’agence britannique de l’environnement vient de publier une étude sur l’avenir des défenses de Londres contre les crues. Les Britanniques s’attendent, d’ici la fin du siècle, à une montée des eaux dans l’estuaire de 20 à 90 cm; niveau qui pourrait atteindre 2 mètres dans des conditions extrêmes. Ce qui impliquera sans doute de renforcer et de maintenir la plupart des ouvrages existants. Aux Pays-Bas, où les conséquences de la tempête de 1953 sont encore dans les esprits, on travaille déjà au renforcement du réseau de digues et d’écluses Delta. Des travaux d’Hercule dont le coût pourrait avoisiner les 100 milliards d’euros d’ici à 2100.



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