Le navire Grande America a coulé dans le Golfe de Gascogne

Le 13 mars 2019 par Stéphanie Senet
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Le navire italien détenait 2.200 tonnes de fioul lourd dans ses soutes
Le navire italien détenait 2.200 tonnes de fioul lourd dans ses soutes

 

Après deux jours d’incendie, le navire de commerce italien a sombré le 12 mars à 15h26 à environ 300 kilomètres au large du Finistère, selon la préfecture maritime de l’Atlantique. Il menace l’écosystème marin et les côtes bretonnes. 

 

L’incendie qui s’est déclenché le 10 mars dans des conteneurs situés sur le pont du Grande America n’a pas pu être maîtrisé. Le porte-conteneurs et transporteur de véhicules de 214 mètres de long a finalement sombré dans le sud-ouest de la pointe de Penmarc’h (sud du Finistère), par 4.600 m de fond. Les 26 membres de l’équipage ainsi qu’un passager ont été récupérés à bord d’une frégate britannique et ramenés sains et saufs à Brest. La cause de l’incendie reste inconnue. Il est possible qu’il soit dû au choc de conteneurs remplis de produits inflammables, selon l’association Robin des bois.

Des véhicules d’occasion et des produits chimiques 

Construit en 1997 et mandaté par l’armateur Grimaldi Group, le navire de type ConRo[1] venait de Hambourg (Allemagne) et se dirigeait vers Casablanca (Maroc). Il transportait 365 conteneurs dont 45 répertoriés avec des matières dangereuses, selon la préfecture maritime de l’Atlantique.

Robin des bois estime que des véhicules d’occasion, des remorques et des engins de travaux publics, des pneus et des matières dangereuses destinés aux grands chantiers d’Afrique de l’Ouest font aussi partie de la cargaison. «Nous avons récemment assisté à un déchargement d’un bateau Grimaldi en Afrique. Il est très possible que les conteneurs renfermaient aussi des pesticides, très utilisés au Sénégal et en Guinée, où il devait faire escale, alors que ces deux pays ne fabriquent pas ces produits chimiques», détaille au JDLE Jacky Bonnemains, porte-parole de l’association écologiste. Et la totalité des conteneurs n’ont sans doute pas brûlé.

2.200 tonnes de fioul de propulsion

Côté carburants, les soutes du navire italien contenaient 2.200 tonnes de fioul lourd selon la préfecture maritime. «Une catastrophe écologique est à craindre compte tenu de l’emplacement du naufrage, là où le plateau continental s’effondre. C’est une zone très poissonneuse, accueillant sans doute des mammifères marins qui risquent d’être touchés par des hydrocarbures et des déchets dangereux. Le risque de pollution existe aussi pour les côtes de Bretagne, Pays de la Loire et Aquitaine», affirme Jacky Bonnemains.

Départs précipités

L’ONG va porter plainte pour pollution et abandon de déchets devant le tribunal de grande instance de Brest. L’association espère que les procureurs vont enfin prendre au sérieux ces pertes de conteneurs qui se sont multipliées au niveau mondial depuis un an. En cause selon elle: des départs de navires de plus en plus précipités et des commandants méconnaissant la nature de leur chargement. De son côté, la préfecture maritime a mis en demeure l’armateur de «mettre fin au danger pour la navigation et l’environnement marin représenté par les conteneurs et autres éléments à la dérive» et de «traiter les éventuelles pollutions».



[1] Un navire hybride entre le roulier et le porte-conteneurs



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