Le mur solaire de Trump: une bonne idée énergétique?

Le 26 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une idée de Donald Trump, pas si lumineuse que ça.
Une idée de Donald Trump, pas si lumineuse que ça.
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Pour financer la construction du mur anti-émigration à la frontière mexicaine, le président des Etats-Unis propose de le transformer en centrale solaire. Une ineptie économique. Au moins.

C’est l’une des promesses du candidat Trump qui a le plus fait jaser : élever un mur entre les Etats-Unis et le Mexique pour éradiquer l’émigration clandestine. Le tout devant être payé par le Mexique. Maintenant qu’il est président, Donald Trump entend mettre son projet à exécution. Quitte à lui apporter quelques modifications.

Tout commence à Vegas

L’une des plus substantielles est la transformation de cet ouvrage défensif en une centrale … électrique. Reprenant à son compte une idée avancée, mi-avril, par un entrepreneur de Las Vegas, le locataire de la Maison blanche propose de couvrir de panneaux photovoltaïques son fameux (et encore hypothétique) mur. «Nous réfléchissons à la construction du mur comme un mur solaire. Cela générerait de l'énergie, et cela le financerait», a-t-il affirmé le 21 juin.

Une centrale de 3.200 km

Chez les professionnels américains du solaire, qui craignent que la politique énergétique de Donald Trump leur coûte des dizaines de milliers d’emplois, l’idée lumineuse suscite, au mieux, quelques interrogations. La principale étant que la plus grande partie de l’ouvrage, long de 3.200 km, sera située en plein désert, loin des centres de consommation d’électricité.

Trois options

Pour en avoir le cœur net, Thibault Laconde a pris sa calculette. Le consultant spécialisé imagine trois solutions techniques possibles: des panneaux calés contre le mur (orientés à 70°), des panneaux installés au faîte du mur (et inclinés à 30°) et la combinaison des deux options précédentes.

Compte tenu des 9,1 mètres de hauteur que devra faire l’ouvrage, on obtient, dans le premier cas, 9,7 mètres carrés de panneaux photovoltaïques par mètre linéaire de mur, soit environ 4,3 GWc mal orientés. La solution 2 laisse entrevoir une capacité installée de 940 MWc, bien orientés, cette fois.

Comme la France, au mieux

La production serait-elle à la hauteur des espérances du magnat new-yorkais? En se basant sur la production de centrales solaires du sud des Etats-Unis Thibault Laconde évalue le productible entre 1,9 TWh/an (solution 2) et 9,1 TWh/an pour la solution hybride. A titre de comparaison, les 6,8 GWc installés, en France métropolitaine, ont injecté 8,3 TWh/an, l’an passé.

La pose de panneaux solaires peut-elle payer tout ou partie du mur, comme l’affirme le président Trump? Peu probable. Selon les choix techniques qui seraient faits, le coût de construction de la partie photovoltaïque oscille entre 2 et 10 milliards de dollars (1,8 et 9 milliards d’euros). A cela, il faudra ajouter les coûts de raccordement et de la maintenance. Au pire, le montant de la facture de la centrale solaire pourrait représenter la moitié de celle du mur. Ca commence à faire beaucoup.

Au vu des prix de gros de l’électricité actuellement constatés dans la région, on peut espérer un chiffre d’affaires de 57 à 260 millions de dollars par an (51 à 232 millions d’euros). A supposer que l’installation produise du courant 20 années durant, on est très loin du financement de la centrale. Et ne parlons pas de celui du mur.



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