Le moustique caché du paludisme

Le 08 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Malgré d’importantes campagnes de démoustication et de sensibilisation des populations exposées, le paludisme ne recule pas. Le mystère vient, peut-être, d’être éclairci par des chercheurs français, burkinabés et américains.

 

Jusqu'à présent, les études visant à étudier l'aptitude des moustiques à transmettre le paludisme avaient été entreprises en suivant l'hypothèse que les hommes se font piquer la nuit, dans les habitations. Pour induire un biais minimal dans la collecte des insectes vecteurs, celle-ci était donc réalisée dans les villages, à l'intérieur même des maisons.

 

Or, dans le cadre d’une vaste étude visant à établir une cartographie génétique des populations de moustiques transmettant le paludisme au Burkina Faso, les scientifiques ont échantillonné pendant 4 ans, sur une bande de plus de 400 kilomètres à travers le pays, les insectes (larves et adultes) présents dans les zones domestiques et péridomestiques, à l'intérieur comme à l'extérieur des habitations.

 

A cette occasion, ils ont découvert une nouvelle sous-population d' Anopheles gambiae (principal vecteur de la maladie), qui représente plus de la moitié des moustiques prélevés. Baptisés Anopheles Goundry, ces insectes sont exophiles, c'est-à-dire qu’ils piquent et vivent dehors. Cela explique qu'ils n'aient jamais été recueillis par les méthodes traditionnelles d'échantillonnage.

 

Les analyses génomiques menées par les chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS ont montré que ces diptères étaient génétiquement très différents des moustiques connus. Ils présentent une forte sensibilité au parasite du paludisme, qui se développe efficacement dans leur organisme. Ce qui pourrait les rendre particulièrement aptes à transmettre la maladie.

 

Cette découverte peut expliquer, en partie, pourquoi les mesures de lutte antivectorielle actuelles, appliquées à l'intérieur des maisons et donc uniquement dirigées contre les moustiques qui se reposent au sein des habitations, ne parviennent pas à réduire de manière pleinement satisfaisante la transmission du paludisme à l'homme.

 

Affectant plusieurs centaines de millions de personnes et tuant de un à trois millions de malades chaque année, le paludisme est la parasitose la plus importante du monde.



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