Le Mondial de l’automobile électrique

Le 01 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les voitures électriques pourraient représenter 20% de ventes de véhicules neufs en 2020.
Les voitures électriques pourraient représenter 20% de ventes de véhicules neufs en 2020.

Ouvrant ses portes au public demain 2 octobre, le Salon parisien présente jusqu’au 17 de nombreux modèles de véhicules électriques. Une évolution des gammes qui annonce une révolution industrielle.

 

Lors de ces précédentes éditions, le Mondial de l’automobile était déjà l’occasion pour les constructeurs de présenter des voitures électriques. Des concept cars, des prototypes ou les têtes de série… généralement très limitées.

 

Le Salon qui s’ouvre demain est différent. La plupart des grands groupes (PSA, Renault, BMW, Mercedes, Saab, General Motors, Kia, Nissan, etc.) y dévoilent des véhicules électriques (à batterie, hybrides, voire à pile à combustible) promis, dans les mois qui viennent, « au marché de masse », cher à Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan-Dacia.

 

Vendredi, en bordure de la piste d’essai des voitures électriques, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) organisait une table ronde sur l’avenir des lointaines descendantes de la « Jamais Contente ».

 

Un avenir très attendu et pas seulement par les industriels du secteur automobile, frappés par la récession. « Pourquoi avons-nous besoin du véhicule électrique ? Tout simplement parce que, dans les années qui viennent, le nombre de voitures va considérablement augmenter. Et si toutes roulent à l’essence, ce sera la catastrophe », a indiqué, d’entrée de jeu, Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’AIE.

 

« Fondamentalement, rouler avec des carburants d’origine fossile est une catastrophe, reprend David Sandalow, sous-secrétaire américain à l’énergie. Cela accroît notre dépendance au pétrole et augmente nos émissions de gaz à effet de serre ».

 

Très en verve, le ministre français de l’écologie ne voit pas le véhicule électrique seulement comme un nouveau produit. « C’est une révolution aussi importante que le passage du cheval au cheval-vapeur », s’enthousiasme Jean-Louis Borloo. Une révolution qui, une fois n’est pas coutume, sera massivement aidée par… l’Etat.

 

En France, les voitures électriques bénéficient du plus fort des bonus (5.000 euros). Et des dispositifs comparables existent dans d’autres pays. Par ailleurs, des entreprises publiques et des administrations doivent prochainement passer commande de 50.000 véhicules électriques pour lancer les chaines de fabrication.

 

Une aide que ne refuse pas le très libéral patron de Renault-Nissan-Dacia. Bien au contraire. « Dans 15 ou 20 ans, le parc automobile mondial va passer de 1 à 2 milliards de véhicules. Or, si nous voulons rester en deçà des 2°C, on a besoin d’une solution radicale. Et la seule que nous ayons à notre disposition, c’est le véhicule électrique. Mais pour qu’il soit accepté, il faut que ses performances et son coût soient comparables à ceux des véhicules à essence », poursuit Carlos Ghosn.

 

Et pour ce faire, quoi de plus normal que de demander un petit coup de pouce à l’Etat ? « On a besoin du secteur public pour 3 ou 4 ans, pour lancer les économies d’échelle », concède le successeur de Louis Schweitzer. 

 

L’aide de l’Etat ne se traduira pas uniquement par des aides fiscales. Car le véhicule électrique n’est rien sans… électricité. Et en France, l’électricité c’est l’Etat, via la compagnie publique EDF. Menant deux expériences de véhicules électriques, à Strasbourg (avec Toyota) et en Ile-de-France (avec Nissan), EDF prépare aussi une nouvelle filiale, entière dédiée aux voitures « zéro émission ». En attendant, l’opérateur historique finalise, pour le mois de novembre, un projet de norme européenne pour les systèmes de recharge, confirme Pierre Lederer, directeur exécutif Groupe en charge du commerce. Ce qui évitera que chaque constructeur développe un système propriétaire.

 

Si l’arrivée du véhicule électrique est une aubaine pour l’électricien national, cela ne gonflera pas énormément son chiffre d’affaires. « En 2020, le véhicule électrique ne devrait accroître la demande d’électricité que de 1 %, en France », précise Pierre Lederer. Mais grâce au formidable réseau qu’il a tissé avec les installateurs et les électriciens, EDF propose à chaque acheteur d’une voiture électrique Peugeot ou Renault un audit de son installation électrique par un professionnel … histoire que le nouveau véhicule ne fasse pas sauter les plombs. Une façon comme une autre de fidéliser une clientèle, déjà très accro à l’électron EDF. 

 

Aussi surprenant que cela paraisse, l’arrivée du véhicule électrique n’oblige pas seulement à régler des problèmes énergétiques. « Avec le développement des énergies renouvelables — intermittentes — et du véhicule électrique, la conduite des réseaux est plus délicate. Il faudra y mettre plus de technologies de l’information. Cela aura des impacts positifs sur de nombreux secteurs industriels », explique Teresa Santero-Quintillá. Pour la secrétaire d’Etat espagnole à l’industrie, la mobilité électrique « n’est pas seulement une question d’environnement, mais un sujet sociétal ».

 



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