Le monde des gaz de schiste

Le 29 avril 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
  Les réserves françaises pourraient représenter 120 ans de consommation.
Les réserves françaises pourraient représenter 120 ans de consommation.

Dans un rapport passé inaperçu, le service de statistiques du ministère américain de l’énergie fait l’état des ressources mondiales en gaz de schiste. France comprise. Suivez le guide!

 

Initiée à la fin du XIXe siècle, l’exploitation des gaz non conventionnels (GNC) est devenue un enjeu énergétique majeur. Et notamment aux Etats-Unis. Comme le rappelle le rapport que l’Energy Information Administration (EIA, le service de statistiques du ministère américain de l’énergie, ndlr) a publié le 5 avril, la production des gaz de schiste a décuplé, entre 2000 et 2010, atteignant l’an passé, 136 milliards de mètres cubes par an, soit 21% de la production locale de gaz naturel.

Les réserves «techniquement récupérables», indique l’imposante étude (365 pages), sont considérables. Elles pourraient, en effet, s’élever à 24.136 milliards m3, estiment les géologues américains. Suffisamment en tout cas pour fournir, en 2035, près de la moitié des précieuses molécules aux consommateurs d’outre-Atlantique.

Mais l’Oncle Sam n’est pas seul à pouvoir espérer tirer profit d’un tel scandale géologique. L’étude de l’EIA évolue le potentiel de 48 bassins géologiques, situés dans 32 pays. Et ce potentiel n’est pas mince. Loin s’en faut!

En additionnant leurs réserves à celles des 32 pays prospectés, les analystes américains évaluent à 185.416 milliards m3 le volume des réserves de gaz de schiste. Soit, à peu de chose près, le volume des réserves mondiales prouvées de gaz naturel «classique».

A elles seules, les 10 premières réserves (dont celles de la France) représentent 77% du volume total. Le sous-sol chinois devrait renfermer 35.616 milliards m3, loin devant ceux des Etats-Unis (24.136), de l’Argentine (21.672) ou du Mexique (19.068).

Les structures géologiques du Bassin parisien et du Sud-est de la France recèleraient, elles, 5.040 milliards m3. Considérable, si l’on se souvient que la consommation actuelle des Français tourne autour de 42 milliards m3 par an, selon la dernière édition de la BP Statistical Review.

Mais est-ce pour autant crédible? Au début de l’année, les géologues de Total ont laissé entendre que les 4.327 kilomètres carrés sur lesquels ils prospectent, dans la région de Montélimar, pourraient receler jusqu'à 2.380 milliards m3 de gaz.

Les affirmations de Total reposent sur des études géologiques vieilles de 40 ans et non sur des forages d’exploration ou des études sismiques récentes. Les chiffres sont donc «purement théoriques», comme le reconnaissait d’ailleurs le directeur général de l'exploration-production de Total, Yves-Louis Darricarrère.

En jetant un œil sur les références citées par le rapport américain, on ne peut manquer d’être surpris. L’évaluation des ressources gazières de l’Hexagone, qui semble relativement précise pourtant, repose en fait sur deux études, un rapport introuvable et une présentation faite lors du dernier congrès mondial sur les gaz non conventionnels. Là non plus, aucun résultat d’études récentes de terrain, qui sont pourtant les seules à intéresser les compagnies gazières.

Bref, en France, les gaz de schiste sont une énergie d’avenir. Et pourraient bien le rester.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus