Le monde de l’eau réuni à Istanbul

Le 16 mars 2009 par Victor Roux-Goeken
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eau_robinet
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La 5e édition du Forum mondial de l’eau se tient à Istanbul (Turquie) du 16 au 22 mars. Objectifs du millénaire pour le développement, partage des ressources et changement climatique y seront débattus. La France compte ratifier la Convention des Nations unies sur le partage des ressources en eau.

Apporter de l’eau pour le développement tout en respectant les milieux naturels. Un dilemme auquel personne n’échappe plus, selon le président du Conseil mondial de l’eau (CME) Loïc Fauchon. Et qui sera plus que jamais d’actualité lors de la 5e édition du Forum mondial de l’eau, qui réunit tous les acteurs du secteur du 16 au 22 mars à Istanbul (Turquie).

Après trois conférences sur ce sujet l’an dernier en Afrique, Asie et Amérique du Sud, puis une année 2008 déclarée année de l’assainissement par l’ONU, Istanbul constituera-t-il une grand-messe diplomatique de plus -les déclarations du forum n’étant pas contraignantes-, ou permettra-t-elle d’aboutir à des résultats concrets?

Quoi qu’il en soit, les participants et les sujets seront nombreux. 15 à 18.000 participants, 140 délégations ministérielles, 12 à 15 chefs d’Etat et plusieurs centaines de parlementaires et de maires sont attendus à ce forum organisé en partenariat avec un pays et une ville tous les trois ans depuis 1997 par le CME, association créée en 1996 et basée à Marseille.

La première édition du forum, à Marrakech (1997) constituait une mise en jambes. A La Haye (2000) et Kyoto (2003), les thèmes du droit d’accès à l’eau et l’eau gratuite pour tous étaient débattus. «A Mexico (2006), nous avons repris ce dernier thème, raconte Pierre Roussel, du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Mais il a un coût, et il faudra bien que quelqu’un paie!» L’eau potable et l’assainissement représentent déjà 10% du total de l’aide internationale au développement, selon Daniel Zimmer, directeur associé du CME.

A Istanbul, les participants reviendront d’abord sur l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Le bilan est mitigé. 900 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, et 2,5 milliards n’ont pas accès à l’assainissement. Le premier objectif –l’accès à l’eau potable signifie l’accès à un puits protégé– a été atteint grâce à l’Inde et la Chine. «L’Afrique est en retard. A efforts constants, elle devrait atteindre cet objectif en 2038», estime Gérard Payen, membre du conseil pour l’eau et l’assainissement du secrétaire général des Nations unies et président d’Aquafed, Fédération internationale des opérateurs privés de services d’eau. Quant à l’assainissement, «nous sommes très en retard. Entre 2,5 et 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à l’assainissement: cette proportion doit être divisée par deux». Et encore, l’assainissement au sens des OMD ne comprend-il que l’accès à des toilettes hygiéniques et privatives, et ne parle même pas du traitement des eaux usées, rappelle Gérard Payen. L’enjeu est majeur, 85% des rejets humains se retrouvant dans l’eau sans aucun traitement.

Autre thème abordé à Istanbul: le partage des ressources en eau. Une Convention des Nations unies (1) préconise l’établissement d’accords internationaux pour la gestion des bassins transfrontaliers. Avec 263 fleuves et 300 aquifères transfrontaliers, le défi est de taille. Pour entrer en vigueur, La convention doit être ratifiée par 36 pays, mais seuls 19 l’ont fait. La France doit la ratifier très prochainement.

Celle-ci va d’ailleurs tout faire pour se rendre nécessaire, via le Partenariat français pour l’eau (PFE) présidé par le sénateur Jean-François Le Grand (UMP, Manche). «Il ne s’agit pas de venir en donneur de leçons, mais de faire partager l’expertise de la France», forte de son expérience locale –15.000 services de l’eau et 14.000 d’assainissement– et du poids de ses deux leaders mondiaux, Veolia et Suez.» Le sénateur sera aussi chargé de promouvoir la candidature de la ville de Marseille pour accueillir le prochain forum, en 2012. Et doter le forum d’un bureau d’aide juridique, associé au Conseil de l’Europe, pour que les différents pays se dotent d’une loi sur l’eau. A terme, le sénateur espère que le bureau devienne temporaire.

Le forum abordera aussi la question du changement climatique et de l’adaptation. 700 millions de personnes dans 43 pays –9% de la population mondiale– sont soumis à un «stress hydrique». En 2025, ils pourraient être plus de 3 milliards, soit 38% de la population, estimée alors à 8 milliards.

(1) Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation


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