Le MON810 fatale aux bêtes-à-bon-Dieu?

Le 20 mars 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La coccinelle Adalia bipunctata
La coccinelle Adalia bipunctata

Une étude publiée dans le dernier numéro de la revue Environnemental Sciences Europe montre que le maïs MON810 serait toxique pour la coccinelle Adalia bipunctata. L’information a été aussitôt reprise par le ministère de l'agriculture pour justifier l’arrêté, publié le 18 mars au Journal officiel (voir JDLE), de suspension de la culture de ce maïs transgénique en France.

L'équipe, dirigée par la biologiste Angelika Hilbeck de l'Institut fédéral suisse de technologie de Zürich (ETHZ), confirme que la toxine Bt (dite Cry1Ab), sécrétée par ce maïs génétiquement résistant à des chenilles parasites (pyrale et sésamie), est toxique pour les larves de la coccinelle.

Un résultat qui a l’avantage de mettre un terme à la polémique, parfois violente, opposant plusieurs équipes scientifiques, mais qui reste bien embarrassant pour Monsanto, puisque la coccinelle, victime collatérale, reste assez éloignée des ravageurs ciblés par la toxine Bt.

L'affaire commence il y a trois ans. Jörg Schmidt (ETHZ) publie début 2009, dans la revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology, l'observation en laboratoire d'un effet délétère de la toxine sur la coccinelle. L'étude est citée par le gouvernement allemand qui s’en sert alors pour appuyer son moratoire imposé en avril 2009 sur le fameux maïs transgénique.

La même revue publie, en 2010, une nouvelle expérience dont les résultats viennent contredire la première. Le biologiste Franz Bigler –de la station de recherche de l'Agroscope, à Zurich- mène, en effet, une expérience comparable à celle de Jörg Schmidt. Mais ses résultats ne montrent aucun effet toxique du Cry1Ab sur la coccinelle.

Les travaux publiés par Angelika Hilbeckn -qui appartient au même groupe que Jörg Schmidt– reproduisent les deux expériences contradictoires. «Elle est parvenue à montrer de manière convaincante que Cry1Ab a bel et bien un effet en laboratoire sur les larves de cette coccinelle», explique Denis Bourguet, biologiste à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra).

Pourtant, l'impact réel du MON 810 sur les populations de coccinelles pourrait être très limité. Pour en avoir le cœur net, il faudrait procéder à une expérimentation au champ, suggère Angelika Hilbeck. Mais il n'est pas certain que les résultats soient plus concluants. Des impacts qui pourraient être en tout cas bien inférieurs à ceux provoqués par des insecticides chimiques que ce maïs transgénique a justement pour but de remplacer…

«C'est l'éternel problème de la toxicité et de l'exposition au risque», explique au journal le Figaro le biologiste de l’Inra. En effet, les coccinelles ont mangé, en laboratoire, des aliments contenant de la toxine Cry1Ab présente dans le maïs MON810 de la firme américaine Monsanto. Mais rien ne prouve que ces coccinelles soient victimes de cette substance lorsqu'elles sont dans le milieu naturel.

Le scientifique de l’Inra estime «que l’on prend le problème à l'envers. Il vaudrait mieux inventorier précisément les espèces d'insectes présentes dans les champs de maïs et identifier ensuite, en laboratoire, celles qui sont sensibles à la toxine».

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus