Le miel français connaît une embellie

Le 09 novembre 2015 par Romain Loury
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Un climat plus favorable
Un climat plus favorable

En 2015, la production de miel s’est nettement améliorée par rapport  à 2014, du fait de conditions climatiques plus clémentes, révèlent des chiffres publiés par l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf).

«Après trois années épouvantables, avec des récoltes historiquement basses, 2015 est une année à peu près correcte», explique l’Unaf, contactée par le JDLE. Selon ses premières estimations, la production française serait de 15.000 à 17.000 tonnes cette année, contre 10.000 tonnes en 2014 –cette année-là, le pays était même obligé d’importer 30.000 tonnes de miel pour faire face à la demande [1].

A l’origine de cette remontée, «de meilleures conditions climatiques, avec un printemps qui a démarré assez tôt», mais de grandes variations d’’une région à l’autre, indique l’Unaf. Parmi les variétés qui s’en sortent le mieux, les miels de romarin, de colza, d’acacia, de châtaignier, de lavande et de forêt.

«En revanche le miel de thym est quasiment inexistant», tempère l’Unaf.  Quant à la récolte de tournesol, elle «est le plus souvent médiocre et, dans certains secteurs du sud-ouest, parfois très faible». «Le miel de sapin est quant à lui très capricieux, abondant dans certains secteurs, inexistant ailleurs», ajoute le syndicat.

Touchées par une mortalité allant de 80% à 100% au cours de l’hiver 2013-2014, les Pyrénées ont aussi connu un peu de répit en 2015. Contactée par le JDLE, l’Union syndicale apicole du Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, indique «avoir reçu beaucoup moins de plaintes cette année». Ce qui n’empêche pas le varroa et le frelon asiatique, très ancrés dans le département, d’y faire des ravages.

Eau, soleil, etc.

Selon le directeur de l’unité de recherche «abeilles et environnement» (Avignon, Inra), Yves Le Conte, cette embellie s’explique aussi par les conditions climatiques: «pour avoir du nectar dans les fleurs, il faut du soleil et de l’eau dans les sols», sans gelée pendant la floraison. «Vous pouvez avoir des champs de lavande en fleur, s’il n’y a pas d’eau, il n’y aura pas de nectar: cette année, il a bien plu en juin et en juillet, 2015 constitue une très bonne année pour la lavande», indique-t-il.

Si l’année est bonne, elle ne l’est qu’au regard de la tendance actuelle, celle d’une baisse continue de la production française, qui a chuté de plus de moitié en 20 ans: en 1995, elle était de 33.000 tonnes, la France n’ayant importé cette année-là que 7.000 tonnes de miel.

Pour l’Unaf, la première cause de l’effondrement apicole, «ce sont les pesticides, leur forte rémanence dans les sols». La question est de nouveau sur la table à Bruxelles, où les néonicotinoïdes sont actuellement réévalués par l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), en vue d’une possible extension du moratoire sur 3 d’entre eux.

[1] Contacté par le JDLE, Yves Védrenne, président du Syndicat national d’apiculture (SNA), constate aussi une hausse de la production en 2015, de 13.000 tonnes, donc un peu moins forte que celle avancée par l’Unaf.



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