Le miel, de bonne qualité mais souvent pollué

Le 05 octobre 2011 par Romain Loury
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Le miel, même de fabrication bio, présente très souvent des résidus de pesticides et d’antibiotiques, selon une enquête menée par 60 millions de consommateurs.
 
Le magazine a testé 76 miels, provenant de France ou de l’étranger, de différentes variétés, d’origine bio ou non. But de l’enquête: étudier leur qualité (humidité, teneur en HMF [1], profil des sucres), mais surtout leur degré de pollution. Pour cela, les auteurs de l’enquête ont évalué la présence de 91 agents indésirables, à savoir 56 pesticides et 35 antibiotiques.
 
Premier constat: les miels testés sont tous de bonne qualité et en accord avec les valeurs réglementaires. C’est au niveau de la pollution que les résultats se montrent plus inquiétants: 35 polluants ont été retrouvés dans 74 des 76 miels, avec une moyenne de 5 par pot!
 
Les teneurs se trouvaient toutes en dessous des limites réglementaires. «Reste que cette foule de polluants, même à faible dose, nous questionne. A ce jour, on sait peu de choses sur les effets à long terme de leurs combinaisons sur la santé», indiquent les auteurs.
 
Plus inquiétant: parmi les polluants détectés, certains sont interdits depuis plusieurs années, ce qui prouve leur persistance dans l’environnement. C’est le cas du chlorfenvinphos, proscrit depuis 2007 mais retrouvé dans plusieurs marques de miel mille fleurs.
 
L’origine bio demeure globalement un gage de qualité: sur les 10 miels sélectionnés par 60 millions de consommateurs, 7 sont bio. Mais ce label ne protège pas pour autant de la pollution: l’un des 23 miels bio testés portait la présence de 9 agents.
 
Parmi les différentes variétés, c’est le miel d’eucalyptus qui semble le plus épargné, avec un maximum de 2 agents dans les 4 produits testés. Les miels de lavande s’en sortent également bien, mieux que ceux d’acacia. En queue de peloton, les miels d’oranger, des arbres dont la culture exige beaucoup de pesticides.
 
Selon le magazine, les Français consomment 40.000 tonnes de miel par an. Le pays n’en produit que 18.000, le reste provenant de l’Union européenne, d’Argentine, d’Australie ou du Brésil.
 
[1] L’hydroxyméthylfurfural (HMF) est un produit de déshydratation des sucres, qui s’accumule avec le temps et la température. Il constitue un marqueur de vieillissement du miel.


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