Le micro-crédit pour lutter contre la précarité énergétique

Le 24 juin 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plutôt que de ne pas pouvoir bénéficier des aides aux travaux, les précaires pourront user du micro-crédit.
Plutôt que de ne pas pouvoir bénéficier des aides aux travaux, les précaires pourront user du micro-crédit.
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La ministre du logement a présenté, ce mardi 24 juin, un rapport sur le financement de la rénovation thermique des logements occupés par des ménages modestes. Principale solution: le micro-crédit.

Il y a de l’argent public pour participer au financement de la rénovation thermique des logements. Hors outils des collectivités, l’état, l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) et l’Union européenne (via les fonds Feder) proposent une dizaine de types d’aides aux travaux. L’an passé, les 2,2 milliards ainsi distribués ont permis à près de 750.000 bénéficiaires de disposer de près de 3.000 euros supplémentaires pour améliorer leur habitat.

Des aides inaccessibles aux plus pauvres

Pour autant, ce dispositif reste insuffisant. Notamment parce qu’il est souvent inaccessible, de fait, aux précaires énergétiques. Le programme Habiter mieux de l’Anah[1] est d’ailleurs le seul dispositif à cibler les ménages modestes ou très modestes.

Problème: le financement desdits travaux nécessite souvent le paiement d’une avance; acompte que ne peuvent débourser les citoyens les plus pauvres, qui sont ceux qui souffrent le plus d’habiter dans une passoire énergétique.

De plus, aides et subventions ne couvrent généralement pas l’intégralité du coût des travaux. Dans la plupart des cas, un «reste à charge» de 5.000 à 10.000 € doit être réglé par l’occupant. Un montant exorbitant au regard des revenus des plus démunis.

Seule solution: le micro-crédit

Le rapport, remis ce mardi à la ministre du logement Sylvia Pinel, préconise une solution originale: le micro-crédit. «En effet, les ménages concernés ont le plus souvent des difficultés à emprunter du fait de leur âge ou de leurs ressources, les montants [des prêts] sont en général inférieurs à 10.000 €, et la présence d'un accompagnement social offre des garanties de faible sinistralité», justifient les trois auteurs.

Pour développer cette offre rapidement, le rapport préconise la conclusion d’un accord entre Procivis, l'organe fédérateur des 56 sociétés anonymes coopératives d’intérêt collectif pour l’accession à la propriété (Sacicap), et la Banque postale[2]. Cette alliance permettrait d’offrir, via le canal de l’Anah, environ 20.000 prêts à des ménages modestes, estiment les rapporteurs.

Outre sa rapidité de mise en œuvre, ce dispositif ne nécessite pas de fonds publics. En outre, soulignent les auteurs, les mensualités resteront peu élevées et seront, elles-mêmes, éligibles aux aides personnelles au logement (APL).



[1] En 2013, Habitat mieux a distribué 273 M€ d’aides, soit 13% du montant total des aides publiques aux travaux.

[2] Les SACICAP sont des opérateurs maîtrisant l’ensemble de la problématique de l’accession à la propriété.

 



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