Le méthane n’est plus tout seul

Le 03 octobre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les forçages radiatifs depuis 1750.
Les forçages radiatifs depuis 1750.
Giec

Le premier tome du 5e rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) est riche en surprises. Certains observateurs ont d'ailleurs décelé une nouvelle de taille. D’un rapport à l’autre, le méthane présenterait une menace plus grande pour le climat.

A l'appui de leur démonstration, ces lecteurs reprennent une passage un peu abscons de la version française du résumé pour les décideurs: «A elles seules, les émissions de CH4 ont entraîné un forçage radiatif de 0,97 watt par mètre carré. Ce résultat est nettement plus important que l’estimation basée sur la concentration de 0,48 Wm2». Lues rapidement, les deux phrases semblent indiquer que les scientifiques ont constaté, entre les 4e et 5e rapports du Giec, un «doublement» de la menace méthane, un puissant gaz à effet de serre.

Pas si simple. En résumé, il existe deux façons de représenter l’empreinte climatique du méthane: le forçage radiatif lié à la concentration (en clair, la perturbation directe du système climatique par le seul méthane) et le forçage radiatif lié aux émissions. Ce dernier intègre non seulement le réchauffement apporté par le composant essentiel du gaz naturel mais aussi ses effets indirects. «Les émissions de méthane ont d'autres impacts sur la vapeur d'eau atmosphérique, l'ozone et le CO2 qui conduisent tous à des forçages positifs», explique Olivier Boucher, directeur de recherche au laboratoire de météorologie dynamique (CNRS). «Le forçage direct du méthane est de 0,48 Wm2, soit 2% de plus que dans le 4e rapport, du fait de l'augmentation récente de la teneur en CH4», complète Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CEA, CNRS, UVSQ).

Le problème soulevé par nos observateurs est qu'il est, climatiquement, difficile de séparer l'impact du seul méthane et de ses «descendants». La hausse de la concentration du premier entraînant des changements de concentration d'ozone et et de vapeur d'eau stratosphérique. Le forçage radiatif (FR) des principaux gaz à effet de serre, pour la période 1750-2011, est de 3 Watts/m2. A lui seul, le FR imputable au CO2 est de 1,68 Watt/m2, contre 0,97 Watt/m2 pour le méthane et ses «descendants». «Cela signifie, indique le physicien Bernard Laponche, que les rejets de méthane contribuent pour le tiers du réchauffement climatique et non pas 16% comme on le disait jusqu'alors.»



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