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Le méthane issu des élevages encore peu valorisé

Le 13 janvier 2006 par Claire Avignon
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Alors que des solutions pour valoriser le méthane produit par les élevages émergent à l'étranger, très peu de projets sont dénombrés en France. Un député compte y remédier.

Le 22 décembre a été enregistrée à l'Assemblée nationale une proposition de loi sur «la récupération et la valorisation du gaz issu de la fermentation anaérobie des déchets organiques, énergie renouvelable à forte potentialité». Proposé par un député socialiste, Jean-Louis Dumont (PS), le texte propose que les activités génératrices de méthane, un gaz à effet de serre (1) ciblé par le protocole de Kyoto, soient tenues de «capter, de valoriser ou de faire valoriser les rejets de méthane générées par ses sites». La loi vise essentiellement les décharges ainsi que les exploitations agricoles. En effet, selon le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa), les émissions de méthane (CH4) ont atteint 2.775 kilotonnes (kt) (2) en 2003, dont 70% proviennent de l'élevage et 19% du traitement des déchets. Les autres sources sont le secteur résidentiel (5,7%) et l'extraction et la distribution des combustibles gazeux (3,2%). Tous ces rejets sont globalement en baisse de 13% depuis 1990.

A l'heure actuelle, il existe un seul type de puits, les sols forestiers qui absorbent environ 30 kt annuels de CH4. Ce qui se révèle largement insuffisant au regard de la production annuelle. Si des solutions sont disponibles depuis de nombreuses années pour valoriser le biogaz (contenant environ 50% de méthane) produit dans les décharges, la récupération du méthane émanant des élevages reste anecdotique. Le méthane est issu de la digestion de la cellulose chez les ruminants, et de la fermentation anaérobie des déjections animales. Selon le Citepa, les émissions totales de méthane ont diminué dans l'agriculture, du fait de l'intensification de la production laitière, la diminution du cheptel laitier ayant été compensée par un meilleur rendement par vache. Toutefois, cette baisse n'a pas été aussi importante que celle des autres secteurs d'activité. La part relative des élevages est donc passée de 66% en 1990 à 70% en 2003.

Cela a particulièrement intéressé Jean-Louis Dumont. «Dans mon département , la Meuse, qui compte de nombreuses porcheries, je me rends compte que les choses ne bougent pas beaucoup, déclare le député. Pourtant, des projets qui se montent à l'échelle individuelle prouvent qu'il est possible de récupérer le méthane des élevages puis de le valoriser, et même de gagner de l'argent.» Aux Etats-Unis, par exemple, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a mis en place le programme AgStar qui encourage les agriculteurs à faire de la digestion anaérobique, c'est-à-dire l'utilisation du biogaz (qui contient dans ce cas entre 60 et 70% de méthane) dans un moteur ou une turbine. Sans illusion sur le devenir de sa proposition de loi, qu'il a présentée sous son seul nom, le député souhaite avant tout attirer l'attention sur un dossier qui n'est clairement pas une priorité gouvernementale. La prochaine étape de sa croisade est, plus modestement, de rencontrer les acteurs capables de mettre en place des projets, à commencer par les chambres d'agriculture.



(1) Le méthane est un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le gaz carbonique (CO2) mais émis en quantité moindre

(2) hors puits




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