Le merlu aime les eaux chaudes

Le 24 août 2011 par Geneviève De Lacour
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Une scientifique de l’université basque d’Azti-Tecnalia a observé à la loupe la population de merlu de l’océan Atlantique. Nerae Goikoetxea a réussi à montrer dans sa thèse qu’entre 1895 et 1990, la population de merlu adulte (Merluccius merluccius) a considérablement diminué, probablement à cause de la surpêche.

Alors que le nombre d’alevins survivant jusqu’à l’âge de la reproduction a diminué au cours des années 1990, le succès de la sélection a augmenté dans le même temps. En d’autres termes, proportionnellement plus d’œufs portés par une même génération de merlus ont survécu jusqu’à l’âge adulte. Et ce sont des conditions climatiques favorables et exceptionnelles qui sont à l’origine de ce phénomène, ce qui a permis de maintenir les stocks intacts depuis les années 1990.

 
Concrètement, la scientifique espagnole a réussi à mettre en évidence une modification du milieu écologique au niveau de la plate-forme continentale de la zone nord-est de l’océan Atlantique entrainant un réchauffement des eaux dans lesquelles vivent les merlus d’Atlantique Nord. Le réchauffement s’est opéré entre la fin des années 1980 et la moitié des années 1990. Le phénomène connu sous le nom d’oscillation nord atlantique (NAO selon l’acronyme en anglais) a provoqué la chute des basses pressions autour de l’Islande ainsi qu’une augmentation des hautes pressions aux Açores. Dans le même temps, le Gulf Stream s’est renforcé. Ces différents facteurs ont favorisé la migration des eaux chaudes vers le nord-est; les deux phénomènes -l’augmentation de température des eaux et le succès de la sélection des œufs- étant simultanés.
 
Dans son étude, Nerae Goikoetxea conclut que la remontée des températures des eaux bénéficie aux merlus, tout particulièrement dans la première période de leur vie. La période et l’aire de dépôts des œufs sont étendues et donc le nombre d’individus qui survit augmente. La croissance des larves étant plus rapide dans les eaux chaudes, leur période de vulnérabilité diminue donc en conséquence.
 
Mais la biologiste pondère également ses propos. Même si les générations futures de merlus pourraient donc se montrer plus résistantes, la modification de certains facteurs environnementaux comme les changements de vent, les anomalies de température dans l’hémisphère nord et le volume de nourriture disponible pendant la ponte des œufs pourraient aussi affecter cette population de poissons.
 
 
 


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