Le mercure rend l’ibis gay

Le 07 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les marais de Floride sont souvent pollués par du monométhylmercure ; un contaminant issu des fumées des incinérateurs et des centrales électriques au charbon. Peter Frederick a voulu évaluer la toxicité sur l’avifaune de ce puissant perturbateur endocrinien.

 

Pour ce faire, l’écologue de l’université de Floride a collecté 160 poussins d’ibis blanc ( Eudocimus albus), une espèce se nourrissant de crustacés vivant dans la vase. Les oisillons ont été séparés en 4 groupes de 20 mâles et 20 femelles. L’alimentation des oiseaux a été volontairement saupoudrée de monométhylmercure. Trois groupes ont reçu des doses faibles, moyennes et fortes. Un quatrième a bénéficié d’une alimentation saine.

 

Les chercheurs ont ensuite suivi le comportement des oiseaux. Curieusement, dans la population d’oiseaux la plus contaminée, une bonne proportion des nids ne contenaient jamais d’œufs. Et pour cause, les deux adultes étaient des mâles. Problème, souligne Peter Frederick dans un article paru ce mardi 7 décembre dans Proceedings of the Royal Society B, on ne connaît pas de comportement homosexuel chez les ibis blancs, à l’état naturel. Comment expliquer un tel changement de bord ?

 

La réponse tient probablement en ce que le monométhylmercure est un perturbateur endocrinien qui affecte la sécrétion d’hormones sexuelles. En période de reproduction, les oiseaux ayant absorbé le plus de mercure deviennent donc incapables de distinguer un mâle d’une femelle. Ce qui explique la constitution de couples homosexuels.

 

Les observations de Peter Frederick ayant été faites en laboratoire, il n’est pas encore possible de généraliser ses résultats. Raison pour laquelle le scientifique va désormais traquer les ibis gay dans les marais.



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