Le mercure, nouvelle menace climatique

Le 06 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Carottage du permafrost.
Carottage du permafrost.
Kevin Schaefer, NSIDC

 

La disparition du permafrost pourrait causer une pollution mondiale au mercure.

 

La fonte du permafrost n’en finit pas d’effrayer. Après les virus oubliés, les gaz à effet de serre (CO2 et méthane), les chercheurs craignent maintenant que la débâcle des sols perpétuellement gelés ne contribue à une pollution majeure de l’environnement terrestre.

Naturellement présent dans certains sols, le mercure est mis en suspension dans l’atmosphère par les volcans. Les activités minières et la combustion du charbon sont aussi d’autres sources importantes de contamination de l’atmosphère. Toutes ces particules métalliques retombent dans les océans et sur les sols.

Une équipe de scientifiques menée par Paul Schuster (USGS) vient d’évaluer les quantités de mercure stockées dans le pergélisol. Dans un article publié dans Geophysical Research Letters, les chercheurs expliquent avoir étudié près de 600 carottes de sol, forées dans 13 sites situés en Alaska.

 

Leur caractérisation montre que les prélèvements effectués dans les sols gelés présentent une plus forte concentration en mercure que les autres échantillons. Les chercheurs ont trouvé une teneur moyenne variant entre 30 et 43 nanogrammes de mercure par gramme de sol gelé. Des données comparables à celles déjà mesurées en Sibérie, dans la région de Tomsk. La moitié du métal se situe dans la couche superficielle, susceptible de dégeler rapidement.

 

Extrapolées, ces nouvelles données permettraient d’évaluer à 1,6 million de tonnes le stock de métal lourd contenu dans les sols gelés en permanence de l’hémisphère Nord. «Les sols de ces régions contiennent 10 fois plus de mercure que ce que l’Humanité a rejeté dans l’environnement au cours des 30 dernières années», résume Kevin Schaefer (NSIDC), l’un des auteurs.

 

Présent depuis la dernière ère glaciaire, ce stock de mercure pourrait bien prendre la poudre d’escampette, avec des risques majeurs de pollution à grande échelle. Les modèles climatiques annoncent un dégel partiel du permafrost (entre 30% et 90%) d’ici à 2100.

 



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