Le mercure lié aux maladies auto-immunes

Le 11 février 2015 par Romain Loury
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Le thon, parmi les plus chargés de mercure
Le thon, parmi les plus chargés de mercure
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Le mercure, que l’on retrouve notamment dans certains poissons et dans les amalgames dentaires, pourrait favoriser la survenue de maladies auto-immunes, révèle une étude américaine publiée dans la revue Environment Health Perspectives.

Affectant en premier lieu les femmes, les maladies auto-immunes comptent la polyarthrite rhumatoïde, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), la sclérose en plaques, le diabète insulinodépendant, ou encore le lupus érythémateux systémique.

Très diverses dans leurs symptômes, ces maladies ont un point commun: la présence chez les patients d’anticorps dirigés contre l’organisme, dont les anticorps antinucléaires (ANA). Certes, avoir des ANA ne signifie pas pour autant que l’on est atteint d’une telle maladie, mais cela favorise le risque à long terme, précédant les premiers symptômes de plusieurs années, parfois de plusieurs décennies.

Or le mercure, auquel on est exposé via les amalgames dentaires et certains poissons, pourrait favoriser l’apparition d’anticorps ANA. Le métal lourd est déjà lié à des retards du développement cérébral chez l’enfant, mais aussi à des lésions rénales et à des maladies cardiovasculaires.

Déjà suggéré chez la souris, le lien entre exposition au mercure et anticorps ANA vient d’être mis en évidence chez l’humain. En l’occurrence chez 1.352 femmes de la cohorte américaine NHANES (National Health And Nutrition Examination Survey), âgées de 16 à 49 ans, dont 16% présentaient des anticorps ANA sans être atteintes d’une maladie auto-immune.

L’équipe de Sung Kyun Park, chercheur en sciences environnementales à l’université du Michigan (Ann Arbor), a évalué leur imprégnation par le mercure, aussi bien sous sa forme organique (méthylmercure) dans les cheveux et le sang, qu’inorganique dans le sang et l’urine. Si les résultats révèlent un lien très étroit entre mercure et ANA, il n’est observé que pour le méthylmercure, considéré comme le plus toxique du point de vue cérébral.

Un risque même à faible teneur

Chez le tiers de femmes les plus imprégnées, la présence d’anticorps ANA est ainsi 2,32 fois plus fréquente lorsque les chercheurs s’en tiennent à l’analyse du sang, voire 4,10 fois plus lorsqu’ils analysent le mercure dans les cheveux. Ce risque est même multiplié par 11,41 pour une quantité élevée d’ANA.

Plus inquiétant, les résultats montrent que le risque est présent à de faibles niveaux d’imprégnation (moins de 1 microgramme par litre de sang), généralement considérés comme sans danger pour l’organisme.

Dans des recommandations publiées en 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) conseille de limiter, voire d’éviter, la consommation de plusieurs poissons prédateurs sauvages (thon, dorade, loup, espadon, etc.), mais uniquement chez les femmes enceintes, allaitantes et les enfants de moins de trois ans –en raison de la neurotoxicité du mercure.

Rien de tel en revanche pour les femmes en âge de procréer, les plus à risque de développer une maladie auto-immune. Pour celles-ci, l’Anses préconise toutefois la vigilance quant aux poissons d’eau douce fortement bioaccumulateurs (anguille, carpe, silure, etc.), mais en raison de leur forte teneur en PCB.



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