Le mercure de Guyane empoisonne les communautés amérindiennes

Le 30 août 2007 par Diana Semaska
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Les risques sanitaires liés à la présence de mercure en Guyane sont dus à la consommation de poissons de fleuves et augmentent avec les années. C'est l'une des conclusions d'une vaste étude épidémiologique (1) menée de 1994 à 2006 par l'Institut de veille sanitaire et la Cellule interrégionale d'épidémiologie d'intervention (Cire) Antilles Guyane, avec le concours de la Direction de la santé et du développement social de la Guyane et du conseil général. Les travaux ont été publiés dans le Bulletin d'alerte et de surveillance Antilles Guyane de juillet 2007.

En 2005, une étude de la Cire sur le Haut Maroni (où vit une communauté amérindienne) a trouvé des concentrations de 12,2microgrammes par gramme de cheveu (μg/g) dans la population contre 10,6 μg/g en 1997. Le pourcentage d'adultes présentant des concentrations supérieures aux recommandations de 10 μg/g de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est passé de 64 à 83%, tandis que celui des enfants est passé de 50 à 54%.

La cause de la pollution? Le méthylmercure qui pollue les cours d'eau guyanais depuis le XIXe siècle à cause des activités d'orpaillage.

Neurotoxique, cette substance  peut entraîner, lorsqu'elle est ingérée, des troubles de l'équilibre et de la marche, une diminution de l'acuité auditive et un rétrécissement du champ visuel. Chez les enfants, elle engendre des retards locomoteurs, de croissance, de l'acquisition du langage tandis que le foetus peut subir des lésions du cerveau et du système nerveux.

Selon Eric Godard, ingénieur du génie sanitaire, «il faudrait simplement stopper tout apport de mercure», tout en faisant de la prévention auprès des populations les plus sensibles: femmes enceintes, allaitantes et les jeunes enfants, qui devraient réduire leur consommation de poissons.

Cette recommandation rencontre cependant de nombreux obstacles, d'ordre culturel, mais aussi liés à la ressource, à la politique (l'activité d'orpaillage) et à la connaissance des risques.



(1) Le mercure en Guyane- Risques sanitaires et enjeu de santé publique




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