Le «mercato» délétère des phtalates

Le 20 janvier 2014 par Marine Jobert
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les glandes du corps humain.
les glandes du corps humain.
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Bonne nouvelle: la concentration de certains phtalates frappés d’interdiction diminue dans l’organisme. Mauvaise nouvelle: d’autres phtalates, propulsés sur le marché comme produits de substitution, font leur apparition dans les urines. Ce sont les constats effectués par des scientifiques américains, après analyse de l’urine de près de 11.000 Américains adultes et enfants, entre 2001 et 2011. Cet intervalle de temps leur a permis de suivre l’évolution de l’imprégnation des organismes. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Environmental Health Perspectives.

Après analyse, il apparaît que les concentrations en trois phtalates (DnBP, BBzP et DEHP) interdits depuis 2008 dans les articles pour enfants (dont les jouets) par le gouvernement fédéral ont décliné de 20 à 50%, alors que la concentration de deux phtalates massivement utilisés comme substituts (DiBP et DiNP)[1] a augmenté de plus de 100%.

Pour autant, les chercheurs en santé environnementale reconnaissent qu’il n’est pas aisé de désigner les sources exactes de contamination, celles-ci étant par trop nombreuses. Une réalité qu’avaient mise en évidence deux études de surveillance biologique réalisées par le réseau Environnement-Santé sur l’imprégnation en bisphénol A et en phtalates de deux échantillons de participants. Néanmoins, il apparaît bien que les déclins de certains phtalates correspondent aux interdictions prononcées par le législateur et sont également en phase avec les campagnes menées par des associations de protection des consommateurs[2] (notamment sur les jouets).

Les phtalates, perturbateurs endocriniens avérés pour une dizaine d’entre eux, sont suspectés d’avoir de multiples effets délétères sur le développement mental et psychomoteur des nourrissons de 6 mois, la recrudescence de naissances prématurées, des risques augmentés de fausses couches, des effets sur la production de testostérone, ou encore d’accroître les troubles métaboliques chez les personnes obèses. On en trouve dans les cosmétiques, les matières plastique, mais aussi de façon récurrente dans les médicaments.



[1] Deux d’entre eux sont toutefois temporairement interdits dans les jouets pouvant être portés à la bouche, ce qui explique le déclin dans les urines des enfants. Ces deux phtalates représentent entre 30 et 60% des plastifiants les plus couramment employés aujourd’hui aux Etats-Unis et en Europe, selon l’agence européenne pour les produits chimiques (Echa).

[2] Notamment la campagne américaine «The campaign for safe cosmetics».

 



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