Le ménage, une activité à bout de souffle

Le 19 février 2018 par Romain Loury
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Des produits nocifs pour les poumons?
Des produits nocifs pour les poumons?
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Chez les femmes, le fait de faire le ménage, à domicile ou de manière professionnelle, entraîne une baisse prononcée des capacités pulmonaires, probablement du fait des produits d’entretien, révèle une étude européenne publiée dans la revue de la Société thoracique américaine.

 

Ce phénomène pourrait être lié à l’effet irritant des particules se déposant dans les bronches, voire à une sensibilisation du système immunitaire face aux pathogènes. Il est loin d’être négligeable: chez les techniciennes de surface, dont c’est le métier d’utiliser ces produits, la baisse de fonction pulmonaire équivaudrait à celle d’une personne ayant fumé près d’un paquet de cigarettes par jour pendant 20 ans.

Plus de 6.000 personnes analysées

Øistein Svanes, de l’université de Bergen (Norvège), et ses collègues ont étudié 6.230 hommes et femmes de la cohorte ECRHS (European Community Respiratory Health Survey, analysant leur capacité pulmonaire en fonction de leur pratique du ménage, dans un cadre domestique ou professionnel.

Plus d’asthmatiques

Résultat, le volume d’une expiration forcée diminue certes avec l’âge, mais beaucoup plus vite chez les femmes faisant le ménage: de 13,1 millilitre par an (mL/an) pour un ménage domestique et de 15,9 mL/an pour un ménage professionnel, contre 8,8 mL/an chez les femmes ne faisant pas le ménage. Les chercheurs montrent d’ailleurs qu’il y a plus d’asthmatiques chez les femmes faisant le ménage (12,3% et 13,7% dans les deux premiers groupes, respectivement), contre 9,6% dans le groupe contrôle.

Les hommes moins sensibles?

Aucun effet n’a toutefois été retrouvé chez les hommes, ce que les chercheurs imputent à des raisons statistiques (le nombre de techniciens de surface y est faible), ou par un effet masquant, peut-être par les métiers de l’industrie. Autre possibilité: les femmes pourraient être plus sensibles que les hommes à ces produits, ce qui a déjà été montré pour d’autres agents, dont le tabac.

Un usage souvent superflu

«A long terme, les produits ménagers entraînent très probablement des dommages importants aux poumons. La plupart du temps, ces agents chimiques ne sont pas indispensables: un simple tissu microfibre et de l’eau suffisent pour la plupart des usages», estime Øistein Svanes. Selon le chercheur, ces produits devraient être mieux régulés, et leurs fabricants devraient être incités à en produire qui ne puissent être inhalés.



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