Le Medef s'attaque au changement climatique

Le 02 septembre 2005 par Claire Avignon
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MEDEF
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Le 31 août, lors d'une table-ronde organisée par le Medef dans le cadre de son université d'été, des interlocuteurs -dont les PDG de PSA et de BP- se sont penchés sur le lien entre environnement, énergie et réchauffement climatique.

Dénommé «Energie, environnement et compétitivité: comment sauver la planète?», le débat s'est parfaitement intégré à l'approche optimiste de l'université d'été du Medef dont le mot d'ordre était «Réenchanter le monde». Existerait-il un problème? Non, pas vraiment. «La vision de BP reste que les ressources en pétrole et gaz naturel ne sont pas limitées à notre échelle de temps, explique Patrick Haas, président-directeur général de BP France. Le chiffre actuel qui donne un état des réserves permettant une consommation du pétrole pendant 40 ans va être réactualisé et augmenté grâce aux progrès technologiques: forages plus profonds, utilisation de pétroles non conventionnels, etc.» Le PDG de BP France s'attend ainsi à une hausse des investissements dans le secteur: 200 milliards de dollars par an dans les prochaines années au lieu de 160 milliards à l'heure actuelle. En revanche, Patrick Haas n'a pas dit quel impact ces innovations pourraient avoir sur le prix à la pompe. Quant aux émissions de CO2 dégagées par la combustion du pétrole, BP reconnaît la nécessité de recourir de façon croissante aux énergies renouvelables. D'ailleurs, le groupe investit depuis plusieurs années dans l'énergie solaire avec Apex-BP Solar dont l'activité est pour la première fois bénéficiaire cette année. Surtout, l'entreprise croit en la possibilité de récupérer et de stocker du CO2 dans les champs de pétrole.

Du côté des transports, Jean-Martin Folz défend toujours le mix motorisation diesel équipée d'un filtre à particules (FAP), et l'incorporation de 30% de biodiesel. En outre, le président de PSA convient que le gaz naturel pour véhicules (GNV) reste intéressant pour les flottes captives, et même pour les particuliers auxquels il va proposer à l'automne un modèle C3 dont le plein se fait à la maison à l'aide d'un compresseur mural. Les autres solutions, PSA n'y croit guère. Le gaz de pétrole liquéfié (GPL) est dépassé, «pire que l'essence en termes d'émissions de gaz à effet de serre du puit à la roue», c'est-à-dire en prenant en compte les émissions liées à la production, au transport et à la combustion. De leur côté, les hybrides coûteront toujours plus cher que les véhicules classiques, étant équipées à la fois d'un moteur classique et d'une batterie électrique. Quant à la pile à combustible, «les horizons restent très lointains pour atteindre des prix acceptables, une distribution de l'hydrogène à la hauteur, etc.»

Enfin, du côté des électriciens, EDF souhaite que soient privilégiés au niveau mondial le nucléaire et l'hydroélectricité (non émetteurs de CO2,). «Il faut en outre arrêter de construire des centrales à charbon», estime Claude Nahon, directrice environnement et développement durable d'EDF. Une position, rappelons-le, loin d'être partagée aux Etats-Unis, en Chine et en Australie.

Par ces choix, les industriels entendent permettre une période de transition que refuse Maximilien Rouer, président de Becitizen, une entreprise d'expertise-conseil en développement durable: «Il nous faut rompre avec notre mode de consommation d'énergie pour aller dès aujourd'hui vers une énergie sans carbone, clame-t-il. Les solutions existent déjà, avec notamment les véhicules d'une très grande efficacité énergétique présentés lors de l'Eco-marathon Shell» Toutefois, rappelle Jean-Martin Folz, les entreprises doivent répondre à l'attente des consommateurs, qui ne trouvent pas encore d'intérêt aux produits sans carbone: «Nos ventes de C3 Stop and Start sont loin d'être considérables tout simplement parce qu'il n'y a pas de demande.» Autre coupable, les pouvoirs publics:la politique reste balbutiante sur les émissions de CO2 tant au niveau national, qu'européen et mondial, ce qui ne permet pas de faire des investissements à long terme, selon Claude Nahon. Un débat clos plutôt élégamment par Nathalie Kosciusko-Morizet. Estimant qu'il faut éviter d'entrer dans une logique de conflit, la députée UMP de l'Essonne répète que «l'appel à responsabilité individuelle ne doit pas retirer l'appel à responsabilité des entreprises», ou de l'Etat.




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