Le marché du carbone européen se porte bien

Le 04 novembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'industrie lourde et l'aviation commerciale européennes ont réduit leurs émissions de GES.
L'industrie lourde et l'aviation commerciale européennes ont réduit leurs émissions de GES.
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Les revenus des enchères de quotas d’émission ont doublé en un an.

 

Les Européens auront une belle histoire à raconter dès l'ouverture de la COP 25, le 3 décembre prochain. Après des années de vaches maigres, le système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (GES) affiche enfin de belles performances.

En 2018, les 11.000 sites industriels et les 500 avions commerciaux soumis à la directive quotas ont effectivement émis 1,68 milliard de tonnes de gaz à effet de serre, soit 4,1% de moins qu’en 2017[1], indique un rapport de la Commission européenne, publié en fin de semaine passée. Le précédent record (-4,9%) datait de 2014.

Les Hollandais y sont presque. Incités à renforcer leur politique climatique, les Pays-Bas entendent réduire de 49% leurs émissions de GES entre 1990 et 2030. Malgré les efforts consentis, les Néerlandais ne sont pas sur la bonne trajectoire. Selon une étude de l’agence d’évaluation de l’environnement, La Haye devrait, au mieux, faire chuter de 43 à 48% son bilan carbone en 2030.

Deux facteurs expliquent principalement ce bon résultat. La douceur de l’hiver a réduit les besoins en chauffage dans la plupart des 31 pays européens participant à l’ETS.

météo, chaleur et électricité

Conséquence: les émissions des électriciens et des producteurs de chaleur ont chuté de 7,3%, leur meilleure performance depuis 2014!

La mise en œuvre effective de la réserve de marché a permis d’ôter du marché un considérable surplus de quotas, ce qui a sensiblement tiré les prix vers le haut.

14 milliards de recettes

Une sérieuse incitation à ne pas dépasser le plafond d’émission annuel fixé à chaque assujetti.

Les ministères des finances se félicitent aussi de ce bon millésime.

L’an passé, le produit de la mise aux enchères (par les Etats) des quotas d’émission s’est élevé à 14 milliards d’euros: l’équivalent du tiers des revenus des ventes de crédit  carbone entre 2012 et 2019. Environ 70% de cette manne ont servi à financer des projets liés à la lutte contre le changement climatique ou l’efficacité énergétique.

 



[1] Soit une économie d’émission d’environ 73 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

 



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