Le loup «victime de son succès»… ou de la loi

Le 30 juin 2014 par Romain Loury
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Le loup, protégé mais pas trop
Le loup, protégé mais pas trop
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Avec 300 loups estimés en France, la protection de l’espèce est «victime de son succès», estime la ministre de l’écologie Ségolène Royal. Des propos qui font bondir les associations, qui craignent pour la pérennité d’Ysengrin en France, alors que la loi se fait encore moins favorable à l’animal.

«La protection du loup est victime de son succès, dans la mesure où le nombre dépasse celui qui était fixé», a estimé Ségolène Royal, interrogée mercredi 25 juin à l’Assemblée nationale par Charles-Ange Ginésy, député des Alpes-Maritimes. Une réponse jugée «des plus stupéfiantes» par l’association Ferus, qui se dit «surprise d’apprendre que seul un nombre limité de loups pouvait vivre en France. Nous aimerions donc savoir depuis quand cela est le cas, qui a fixé ce plafond et de combien est-il?».

La ministre a récidivé samedi 27 juin, au terme d’une rencontre avec les préfets des départements concernés par les attaques de loups. «Les dommages aux troupeaux restent trop importants: même si pour la première fois, ils n’ont pas augmenté entre 2012 et 2013, plus de 6.000 animaux d’élevage ont été victimes du loup en 2013. La détresse des éleveurs et de leurs familles doit être prise plus fortement en considération», estime-t-elle dans un communiqué.

Les associations sont particulièrement sur les dents ces derniers mois, suite à une série d’arrêtés peu favorables au maintien du loup en France. Parmi ces textes, deux ont revu à la hausse le nombre de loups qui pourraient faire l’objet de prélèvements: de 24 loups en 2012-2013, il est désormais prévu d’en abattre jusqu’à 36 sur la saison 2013-2014. A savoir 24 avec une extension possible à 12, et ce dans un nombre étendu de départements (voir le JDLE).

Ces chiffres incluent certes les prélèvements et les tirs de braconnage:  8 loups ont été victimes des premiers, 4 des seconds sur 2012-2013. Mais c’est sans compter les animaux tués sur la route, des «accidents» parfois précédés d’un empoisonnement de l’animal: ceux-ci n’entrent pas dans ces quotas. L’association Ferus en compte au moins 4 sur la période 2012-2013.

Pendant les battues au grand gibier

Un autre arrêté du ministère est en consultation, jusqu’au 11 juillet: tout en restant dans le cadre des quotas proposés, il s’agit d’assouplir les mesures de prélèvement, en permettant aux chasseurs d’abattre le loup «à l’occasion de battues au grand gibier» ou «de chasse à l’approche ou à l’affut d’espèces de grand gibier».

Ces opérations «pourront conduire au prélèvement de plusieurs spécimens de loups, mais seront interrompues dans l’hypothèse d’un acte de braconnage constaté sur la zone concernée», indique le ministère. «La durée pourra être de deux mois, et ce pendant la période d’exposition des troupeaux au risque de prédation», ajoute-t-il.

Pour Ferus, «ce projet d’arrêté laisserait à des chasseurs la responsabilité d’opérations constituant une dérogation au statut d’espèce strictement protégée, pour une espèce dont les populations restent fragiles et déjà victimes de braconnage. Ce type d’opération doit impérativement être encadré par l’État».

Dans son communiqué, le ministère annonce même qu’il va «étudier sans délai» la possibilité de tirs d’effarouchement dans les parcs nationaux. A défaut d’«effaroucher» les loups, voilà qui devrait au moins rasséréner les plus de 2.000 éleveurs, agriculteurs et chasseurs qui ont manifesté samedi à Foix pour protester contre les mesures de protection de l’ours, du loup et du vautour.

Face à cette espèce protégée qu’est le loup, la France commence à disposer d’un solide arsenal législatif. Actuellement en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi pour l’avenir de l’agriculture prévoit qu’en cas d’attaque, le préfet puisse autoriser, pour une durée de 6 mois, les éleveurs d’ovins à abattre des loups sur leur commune. Il autorise aussi l’abattage dans des zones de protection renforcées, délimitées chaque année par le préfet (voir le JDLE).



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