Le loup s’invite au Conseil d’Etat

Le 02 septembre 2015 par Romain Loury
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Les associations au Conseil d'Etat
Les associations au Conseil d'Etat
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Plusieurs associations ont saisi le Conseil d’Etat ce 2 septembre pour demander l’annulation de deux arrêtés relatifs aux prélèvements de loups, des textes publiés fin juin. Selon elles, il s’agit de mettre un coup d’arrêt à une politique inavouée de régulation de l’espèce.

Les associations ne décolèrent pas: pour la période 2015-2016, le nombre de loups à prélever a été plafonné à 36, contre 24 en 2014-2015 [1]. Or pour la première fois depuis le retour de l’espèce dans les années 1990, celle-ci connaîtrait un fléchissement, avec 282 individus contre 301 l’an dernier, selon des estimations de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Face à ce durcissement des autorités, deux recours ont été déposés, mardi et mercredi, par des associations: il s’agit d’une part de France nature environnement (FNE), la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Humanité & biodiversité, d’autre part de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), Ferus et One Voice –ces trois dernières étant membres du collectif Cap Loup.

Un plafond «disproportionné»

Contacté par le JDLE, le vice-président de FNE, Jean-David Abel, estime que le nombre de 36 loups est «totalement disproportionné»: «cela correspond à peu près à l’accroissement naturel de l’espèce, soit environ 14% à 15% des effectifs présents en France». Un chiffre qui, selon lui, dénote une volonté de réguler l’espèce, voire d’entraver son retour en France, ce qui est contraire au statut d’espèce protégée.

Egalement dans le viseur des associations, les modalités d’abattage du loup, prévues par un deuxième arrêté. Celui-ci généralise la possibilité pour les chasseurs de tuer des loups «à l’occasion de chasse à l’approche ou à l’affût d’espèces de grand gibier», bien que toujours dans le cadre d’un arrêté préfectoral adopté dans le respect du plafond national.

Or cette stratégie, sous forme d’expérimentation pour la période 2014-2015, n’a fait l’objet d’aucune évaluation de la part de l’Etat, regrette Jean-David Abel. Pourtant, des débordements sont survenus à l’automne 2014 dans le Var, avec 4 loups abattus par des chasseurs, au lieu des 3 prévus par l’arrêté préfectoral.

La Commission européenne alertée

Outre le recours en Conseil d’Etat, l’Aspas indique avoir alerté la Commission européenne des agissements français, dans le but que celle-ci puisse déposer plainte. «D’autres associations de Cap Loup devraient nous emboîter le pas», affirme Madline Reynaud, directrice de l’Aspas, interrogée par le JDLE.

Au niveau français comme européen, «le dossier loup s’accélère à une vitesse grand V», observe-t-elle. Dernier épisode en date, des émissaires français auraient fait part à la Commission, fin août, d’une demande de retrait du statut d’espèce strictement protégé, et s’apprêteraient à en faire autant auprès du Conseil de l’Europe -en charge de la Convention de Berne.

Annoncée en juillet à des syndicats agricoles par la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, cette démarche est non seulement «inutile» et «inefficace», elle est aussi «démagogique», dénoncent FNE et la LPO: elle «n'a aucune chance d'aboutir au vu des conditions concrètes de modifications de la directive Habitats ou de la Convention de Berne. Le sachant très bien, le gouvernement fait semblant d'agir tout en s'exonérant par ailleurs de décisions plus courageuses et plus adaptées à la situation».

Après avoir menacé en juillet de bloquer le Tour de France, une cinquantaine d’éleveurs, excédés par les attaques de troupeaux, ont séquestré mardi soir le président et le directeur du Parc national de la Vanoise. Leur objectif, obtenir l’abattage de cinq loups d’ici la fin de l’année en Savoie, y compris au cœur du parc. Les dirigeants ont été libérés mercredi, avant une réunion des éleveurs avec le préfet.

[1] Les arrêtés de juin 2014 prévoyaient certes un plafond de 24 loups, avec un supplément de 12 au besoin, soit également 36 loups. Au final, 19 ont été prélevés, un a été braconné, et cinq sont morts suite à une collision ou de mort naturelle.



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