Le loup pourra être tiré pendant les battues au gibier dans les Alpes-Maritimes

Le 20 septembre 2013 par Marine Jobert
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24 loups peuvent théoriquement être tués cette année.
24 loups peuvent théoriquement être tués cette année.

C’est une première: le ministère de l’écologie autorise, dans l'un des département les plus touchés par les attaques lupines, la chasse au loup en dehors de toute supervision des fonctionnaires de l’ONCFS. A l'occasion des classiques battues au gibier, les chasseurs pourront désormais tirer sur les canidés présents dans les aires délimitées par le plan Loup. Les associations de protection sont inquiètes devant cette dérogation.

La guerre contre le loup vient de monter d’un cran dans les Alpes-Maritimes. Le ministre de l'environnement, du développement durable et de l’énergie a décidé la semaine dernière, «afin d'augmenter l'efficacité des opérations de prélèvement, que les tirs pourront être effectués à l'occasion de battues au gibier (...) sur des secteurs définis par l’arrêté préfectoral autorisant le prélèvement du loup». En clair, plus besoin d’être accompagné par un agent de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), sous la responsabilité duquel étaient jusqu’ici organisés tous les tirs de prélèvement autorisés dans le cadre du plan Loup 2013-2017. Les chasseurs de sangliers et de biches pourront donc, s’ils croisent la route d’un loup, le tirer sans condition. Une mesure dérogatoire d’importance, qui entend répondre à «la détresse exprimée par des éleveurs des Alpes du Sud», explique la préfecture des Alpes-Maritimes. Près de 800 attaques de troupeaux ont été dénombrées en 2012 dans le département, qui concentre un tiers (2.417 bêtes) des pertes d'ovins en France. Le département du Var aurait autorisé une mesure identique sur son territoire.

 

Tableaux de chasse secrets

La décision a fait bondir plusieurs organismes de défense de la nature, comme l’association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), le WWF, Ferus, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ou encore la Société française pour l'étude et la protection des mammifères. «L’autorisation des battues aux loups est une régression d’un siècle et un coup de poignard dans le dos de la protection de la biodiversité. L’Etat piétine son propre plan loup 2013-2017 signé en mars dernier, bafoue la protection légale de l’espèce, et s’assoit sur les engagements européens de la France», estiment-elles dans un communiqué. Entre autres craintes, elles prévoient que les chasseurs ne vont pas se précipiter pour rendre public leur tableau de chasse: «Il est évident que plusieurs loups pourront être tués ou blessés au cours d’une battue sans qu’on le sache, et sans qu’on puisse avoir aucun contrôle». Les associations considèrent que «le gouvernement s’attaque au loup pour donner des gages aux lobbies de la chasse et de l’agriculture», au lieu d’encourager «la seule solution viable à long terme (…): un gardiennage efficace des troupeaux et une remise en cause des conduites pastorales inadaptées».

 

 

 

Appel à manifester contre la chasse
Deux associations, Convention Vie et Nature et Réseau Animavie, organisent une manifestation contre la chasse le 21 septembre à Paris devant le Conseil économique, social et environnemental, à 14 heures. «Il s'agit de la première action contre la chasse dans la capitale (…) Elle se tiendra à l'occasion de la Conférence organisée par le ministère de l'écologie, où les chasseurs ont été officiellement invités contrairement aux défenseurs des animaux qui sont très remontés par cette mise à l'écart. Nous ne pouvons plus accepter que les gouvernements successifs confient la gestion de la nature aux chasseurs.»


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