Le loup officiellement localisé en Ardèche

Le 06 mai 2013 par Marine Jobert
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La photo du loup prise dans la nuit du 12 avril 2013.
La photo du loup prise dans la nuit du 12 avril 2013.
©Oncfs

Des traces et des observations laissaient à penser qu’un loup avait pris quelques habitudes dans les parages de la commune de Cellier-du-Luc, au nord-ouest d’Aubenas. La présence d’un Canis luppus luppus y a été confirmée, il y a 15 jours, grâce à une photo prise par l’un des quatre appareils à déclenchement automatique installés dans le secteur par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (oncfs).

 

L’an passé, au moins un canidé avait déjà fait parler de lui, à l’ouest du département, en limite avec la Lozère. «Les premiers indices de présence sur cette zone ont été des constats de dommages sur ovins, à partir du mois de juin 2012. Depuis cette date, 16 attaques, concernant 8 éleveurs différents, pour 44 victimes et 27 bêtes blessées ont été retenues au titre de la prédation du loup», écrivait alors l’oncfs dans son bulletin du réseau Loup-Lynx pour le second semestre 2012. Le Préfet de L’Ardèche avait donc décidé de déployer le réseau d'observateurs Loup-lynx dans son département, pour collecter et vérifier les indices de présence et assurer le suivi de l’espèce. 40 correspondants issus de la profession agricole, des associations de protection de la nature, du Parc naturel régional des Monts d'Ardèche, de l'oncfs, de la Fédération départementale des chasseurs et des lieutenants de louveterie, avaient alors été formés pour mener à bien ces missions de surveillance, sous la houlette de la direction départementale des territoires (DDT).

Rien ne permet toutefois d’affirmer qu’il s’agit d’un seul et même animal, puisqu’aucun relevé ADN n’a été effectué.

 

Le Parc naturel régional des Monts d'Ardèche élaborait, jusqu’à récemment, une stratégie concertée afin d’anticiper l’arrivée du quadrupède et les problème que sa présence allaient engendrer, notamment pour le pastoralisme. Un document intitulé «Caractérisation des systèmes d’élevage dans les Monts d’Ardèche et de leur vulnérabilité au retour potentiel du loup» et paru en mai 2008 détaillait par le menu les différentes options qui s’offraient aux décideurs. En septembre 2012, le PNR des Monts d’Ardèche a fait machine arrière. Son bureau syndical a estimé alors nécessaire, «compte tenu de l'incompatibilité avérée de cohabitation du loup et des activités pastorales sur le territoire des Monts d'Ardèche et considérant que la présence du loup est une calamité agricole, d'exprimer un soutien prioritaire à l'élevage.» «Tant que le loup était à distance, ils ont fait un très bon travail. Quand ils ont compris qu’il arrivait, ils ont tout lâché», déplore Pierre Athanaze, le président de l’association de protection de la faune sauvage (Aspas). Il rappelle que «le loup est depuis 20 ans dans le Mercantour, et il y a toujours des bergers».

 

A t-on affaire à un loup «installé», ce qui justifierait l’établissement d’une zone de présence permanente (qui rendrait possible la mise en œuvre du plan loup si besoin) ou s’agit-il d’un jeune loup erratique? Une distinction d’importance, puisqu’elle pourra fonder la mise en œuvre du «Plan loup» [JDLE]. D’un point de vue biologique, cette zone de présence permanente est liée à la constitution d’une meute, qu’on caractérise lorsqu’il y a reproduction. «Si un loup est resté sur un territoire donné 2 hivers consécutifs, c’est qu’il y a trouvé assez à manger», précise François Gorieu, directeur adjoint à la DDT Ardèche au Journal de l’environnement. D’un point de vue administratif, la zone de présence permanente est établie lorsqu’il y a eu des attaques de loups deux hivers consécutifs. Si la première année permet d’accéder à des crédits d’urgence pour les éleveurs en cas de prédation, «la deuxième année, les mesures financées évoluent (effarouchement, mise en place de filets, gardiennages) et l’on accède à des dispositifs d’intervention (tirs d’effarouchement, de défense ou de prélèvement)», détaille François Gorieu.

 

Après l’arc alpin, les Pyrénées et le massif vosgien, la colonisation se poursuit donc dans le Massif Central. En 2012, la présence du loup a également été constatée en Lozère. Il a été aperçu dans le Gers, le Lot et le massif jurassien.

 



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