Le loup, objet de discorde dans les Hautes-Alpes

Le 12 décembre 2013 par Marine Jobert
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La coexistence entre les loups et les troupeaux reste un sujet conflictuel.
La coexistence entre les loups et les troupeaux reste un sujet conflictuel.
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Le loup continue de faire des ravages… Sa dernière victime s’appelle la Ligue de protection des oiseaux (LPO), section Provence-Alpes-Côte d’Azur, lâchée en rase campagne par le conseil général des Hautes-Alpes. Son président vient en effet de dénoncer un partenariat noué récemment avec l’association, qui visait à établir un refuge LPO sur le site Saint-Louis du CG à Gap. Des actions de lutte contre les plantes envahissantes, l’aménagement des combles pour accueillir des chauves-souris, la création d’une mare naturelle, l’aménagement d’une pelouse sèche ou l’installation de nichoirs étaient au menu de ce premier partenariat entre les deux entitéLe projet ne verra jamais le jour: parce que la LPO a, conjointement avec deux associations de protection de la nature, obtenu la suspension d’un arrêté du préfet des Hautes-Alpes en date du 8 novembre dernier qui autorisait le tir d’un loup dans l’Embrunais, Jean-Yves Dusserre vient d’annoncer qu’il renonce à travailler avec la LPO Paca. Dans un courrier envoyé au président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, le président du conseil général des Hautes-Alpes explique que «la préservation de la biodiversité constitue un objectif principal de la politique départementale», notamment via le «maintien des paysages à travers la défense de l’agriculture de montagne et le maintien d’un agro-pastoralisme dynamique». A ses yeux, les tirs de prélèvements décidés par le préfet «s’inscrivent pleinement dans cette politique». Par conséquent, «lorsque la LPO remet en cause ces actes de protection du pastoralisme en obtenant l’annulation de l’arrêté préfectoral, le département ne peut poursuivre avec elle une collaboration en contradiction avec sa politique».

 

A la LPO Paca, on déplore et on s’étonne de cette décision. «Les préfets prennent des arrêtés en toute illégalité, et ce sont à nos associations d’aller au tribunal pour demander le simple respect des lois», rappelle Magali Goliard, sa directrice adjointe, pour Le Journal de l’environnement. Aucune subvention ne lie le CG et la LPO Paca. «Il communique comme si on avait plein de projets ensemble; mais on n’en a qu’un, sur le site Saint-Louis.»

 

Depuis le mois d’octobre, pas moins de 15 arrêtés préfectoraux autorisant l’abattage de loups ont déjà été jugés illégaux et suspendus par les tribunaux dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes et la Drôme. L’association rappelle que cette autorisation de tir avait été prise suite à une prédation sur un troupeau laissé sans berger, ni chien de protection, ni parc de regroupement nocturne. «Sur le plan légal, nous rappelons que la mise en œuvre des moyens de protection des troupeaux, financés par l’Etat, est une condition préalable à l’autorisation de tir de loup. Dans le fond, nous rappelons que les troupeaux suffisamment gardés ne font pas, ou très rarement, l’objet de prédation. Plutôt que chercher à abattre des loups pour rien, il serait plus raisonnable d’adapter les pratiques pastorales afin de favoriser la cohabitation entre pastoralisme et biodiversité.»

 

Cet épisode intervient dans un contexte de plus en plus tendu entre certaines associations environnementales et les défenseurs d’un certain pastoralisme. Début décembre, la fédération nationale ovine encourageait ses adhérents à aller porter les cadavres d’animaux attaqués par le loup devant les sièges locaux des associations. Début novembre, des éleveurs de la Fédérations départementales des syndicats d’exploitants agricoles des Hautes-Alpes et des Jeunes agriculteurs avaient jeté des tripes de brebis sur la vitrine de la Société alpine de protection de la nature, à Gap.



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