Le loup enflamme les relations entre associations et syndicats agricoles

Le 03 décembre 2013 par Marine Jobert
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Le loup, casus belli.
Le loup, casus belli.
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Quand s’arrête l’action syndicale légitime et commence l’acte de vandalisme? C’est la question que (se) pose l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), à la lecture d’un courrier émanant du président de la fédération nationale ovine (FNO). «Nous aimerions que des actions syndicales fortes soient organisées sur le terrain visant [les associations de protection de la nature]. Nous suggérons notamment, si vous en avez la possibilité, d’aller porter les cadavres des animaux attaqués par le loup devant les sièges locaux de ces associations», écrit Serge Préveraud, le président de la FNO, à ses adhérents. «On est loin des actions spontanées d’éleveurs qui en ont marre. C’est une action fachisante, on n’est pas dans une colère locale», décrypte Pierre Athanaze, le président de l’Aspas, pour Le Journal de l’environnement.

Saccages antérieurs

Dans un courrier à Serge Préveraud, l’Aspas a décidé de riposter. «Nous déplorons que votre fédération mette plus d’énergie à stigmatiser les éleveurs contre leurs concitoyens protecteurs de la nature qu’à aider ses adhérents à adopter les mesures de protection des troupeaux (…) Nous nous étonnons également que vous encouragiez vos adhérents à saccager nos locaux au prétexte que nous avons fait appel à la justice de notre pays pour que le droit soit respecté.» Une référence directe à l’irruption à la Société alpine de protection de la nature, le 8 novembre à Gap, d’éleveurs de la Fédérations départementales des syndicats d’exploitants agricoles des Hautes-Alpes et des Jeunes agriculteurs, qui ont jeté des tripes de brebis ensanglantées sur la vitrine de l’association. Le 18 septembre dernier, la FDSEA de la Nièvre avait épandu du lisier, creusé des tranchées et allumé des feux de paille dans le domaine de la Maison du parc naturel régional du Morvan, à Saint-Brisson (Nièvre). Motif du courroux: une enquête publique, visant à protéger les berges de cours d'eau par l'implantation de clôtures interdisant l'accès des troupeaux en dehors d'abreuvoirs et de passages aménagés. Une mesure en rien obligatoire. La direction du parc s’était empressée d’obtempérer.

Actions en justice

Pierre Athanaze lance un avertissement à Serge Préveraud: «En cas d’acte de vandalisme, saccade de locaux associatifs, transport illégal d’animaux, non-respect de l’hygiène, nous nous retournerons bien évidemment contre votre syndicat, mais aussi personnellement contre vous qui en êtes l’instigateur». Ambiance… Copie de la missive a été délivrée aux ministres de l’écologie, de l’agriculture et de l’intérieur, ainsi qu’aux commissaires européens à l’environnement et à l’agriculture. «Pour qu’ils sachent comment se comportent les agriculteurs français», explique Pierre Athanaze.

Etat aux abonnés absents

Pour le président de l’Aspas, c’est l’attentisme de l’Etat dans ce dossier qui laisse le champ libre aux syndicats d’agriculteurs. «Les préfets prennent des arrêtés [autorisant les prélèvements de loups] qu’ils savent illégaux, on les attaque, on gagne, les éleveurs s’en prennent à nous et l’Etat compte les points.» Une absence de réactions que dénonçaient il y a peu les associations de protection de l’ours.

 

 

 

Un loup a été abattu le 1er décembre lors d'une battue aux sangliers menée sur le terrain militaire de Canjuers (Var) par la société de chasse du camp. Le préfet du Var a autorisé le prélèvement de loups dans cette zone. Quelque 200 attaques de brebis ont été enregistrées en 2012 dans le département. «Mais il n’y a pas de mouton qui paisse dans cette zone, et encore moins en décembre», note Pierre Athanaze. Un recours est prévu contre l’arrêté du préfet du Var.

 



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