Le loup en butte aux zones d’exclusion

Le 05 novembre 2012 par Stéphanie Senet
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Le parc national des Cévennes soutient les éleveurs contre le loup
Le parc national des Cévennes soutient les éleveurs contre le loup

L’initiative est inédite en France. Pour la première fois, un parc national –celui des Cévennes- réclame la création de zones d’exclusion du loup, afin de protéger l’agropastoralisme. Deux propositions de loi, déposées il y a 15 jours, abondent dans ce sens.

Le conseil d’administration du parc national des Cévennes a ainsi voté, le 18 octobre, une délibération dans laquelle il affirme «sa solidarité avec les éleveurs du parc face aux dégâts subis par les troupeaux ces derniers mois», et déclare «aujourd’hui incompatible l’installation permanente du loup sur le territoire du parc avec les activités agropastorales indispensables à la biodiversité exceptionnelle des milieux ouverts».

Moralité: le parc demande à l’Etat «la définition de zones d’exclusion du loup dans les régions d’élevage sédentaire et extensif de petits herbivores et la possibilité de réaliser des tirs en cœur du parc», alors que le plan national Loup doit être révisé pour 2013.

Aujourd’hui, les tirs sont interdits en cœur de parc mais autorisés en périphérie, dans les aires optimales d’adhésion, selon un dispositif précisé par arrêté préfectoral. Or ces mesures paraissent insuffisantes à l’équipe du parc national.

Interrogée par le JDLE, Laurence Dayet, sa directrice adjointe, explique que «les attaques des troupeaux de moutons et de brebis se sont multipliées depuis le mois de mai». 52 attaques ont en effet été recensées, et les experts de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage n’excluent pas que 21 d’entre elles soient le fait de Canis lupus. Pour Laurence Dayet, «c’est sans commune mesure avec les attaques habituelles des chiens errants».

Alors que les défenseurs de la biodiversité ont l’habitude de prôner des solutions favorisant la cohabitation des espèces, cette fois-ci la coupe paraît pleine pour le parc national des Cévennes, où les attaques sont concentrées sur le Causse Méjean, dont une partie se trouve dans le cœur du parc et une autre est classée comme aire optimale d’adhésion.

«Notre position est très spécifique à notre territoire», nuance Laurence Dayet, dont la priorité est la défense de l’agropastoralisme, fait de petits troupeaux en élevage extensif, situés sur de grandes parcelles de landes et de pelouses sèches. «Si le loup s’installe ici, les éleveurs vont disparaître ou transformer leur activité en élevage intensif, ce qui dans les deux cas serait une catastrophe pour le parc», explique-t-elle, tout en précisant que le loup serait au contraire le bienvenu dans d’autres zones du parc, et en particulier les massifs forestiers.

Pour l’heure, aucune trace génétique ne prouve formellement l’implantation permanente de plusieurs loups. Seuls des dispositifs photographiques ont révélé la présence d’un animal, peut-être seulement de passage.

Mais plusieurs voix ont récemment fait écho à cette demande de création de zones d’exclusion, comme le montrent deux nouvelles propositions de loi. Le première, déposée le 10 octobre par le député UMP des Alpes Maritimes Charles-Ange Ginésy, vise à autoriser les tirs dans le cœur du parc national du Mercantour. La seconde, déposée le 16 octobre par le sénateur RDSE de Lozère Alain Bertrand, demande –comme le parc des Cévennes- des zones d’exclusion.

De son côté, l’association Ferus pour la conservation de l'ours, du loup, et du lynx, dénonce «des mesures à sens unique anti-loup», qui visent "ni plus ni moins qu'à éradiquer le loup en France, au mépris des conventions internationales". Elle s'insurge également contre l'orientation que lui semble prendre le nouveau Plan national (2013-2017), à savoir un frein à la progression de l'espèce par la hausse du nombre de prélèvements autorisés et la territorialisation des quotas.



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