Le littoral de Nouvelle Aquitaine au défi du changement climatique

Le 30 mai 2017 par Marine Jobert
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Le littoral aquitaine, sous fortes pressions.
Le littoral aquitaine, sous fortes pressions.

Concentration croissante des populations, concurrence des activités, le tout sur un espace aux possibilités d’urbanisation limitées et fragile au plan environnemental, dans un contexte de risques d’érosion côtière et de submersion marine exacerbés par le changement climatique. Comment la région Nouvelle Aquitaine est-elle préparée pour faire face à ces défis? La chambre régionale des comptes (CRC) a mené l’enquête et en publie la synthèse.

D’un côté, il y a la communauté de communes de l’île de Ré qui, tout en étant très en retard sur son obligation de proposer au moins 25% de logements locatifs sociaux parmi ses résidences principales à l'horizon 2025, s’est dotée de la compétence ‘réalisation de logements locatifs sociaux’, contribuant par ces aides à la réalisation de plus de 900 logements sociaux, notamment sur les terrains d’anciens centres de vacances. De l’autre, il y a Soorts-Hossegor, dont le plan local d’urbanisme (PLU) comporte des dispositions techniques visant à entraver la densification des zones urbanisées. Deux exemples, parmi d’autres, piochés dans la synthèse que la CRC de Nouvelle Aquitaine vient de publier. Nourrie des contrôles réalisés entre 2014 et 2016 dans 7 intercommunalités et 13 communes implantées sur les 650 kilomètres de littoral atlantique, elle donne à voir un territoire écologiquement fragile, inégalement préparé pour faire face à son attractivité tant démographique qu’économique, dans un contexte d’érosion côtière et de submersion marine.

Politiques au fil de l’eau

«Les territoires littoraux se doivent de développer une vision prospective, plaide la CRC. Or (…) les politiques d’aménagement du littoral et notamment leur traduction dans les documents de planification réglementaires (schémas de cohérence territoriale -SCOT- et PLU) ne semblent pas avoir encore tiré toutes les conséquences des différents enjeux urbanistiques qui s’imposent à elles, ni intégré l’ensemble des injonctions législatives qui leur sont adressées.» Si les enjeux, c’est la politique du ‘au fil de l’eau’ qui prime toutefois à l’heure de passer à l’acte. C’est particulièrement le cas pour les politiques de densification des zones urbaines et de lutte contre l’étalement, de développement du logement social et de promotion des modes de transports collectifs. Autant d’exigences environnementales qui peinent à intégrer les documents d’urbanisme, souvent en retard et parfois a minima.

Documents d’urbanisme a minima

Les plans de prévention des risques (PPR), en cours d’actualisation, ont chagriné beaucoup d’appétits immobiliers, après que l’Etat a «revu à la hausse son appréciation du risque présidant à l’élaboration de ces PPR». Quand cela est matériellement possible, «une réflexion sur la localisation future de l’habitat et des activités apparaît indispensable pour les territoires littoraux les plus exposés». Car les scénarios ‘d’inaction’ et ‘au fil de l’eau’ sont jugés «peu acceptables» par la CRC, dans ces zones littorales urbanisées comportant de forts enjeux humains et économiques. Même si certains élus insulaires «considèrent que la spécificité de leur territoire (absence de zones de repli) n’offre guère d’alternative aux politiques d’endiguement», déplore à demi-mots la chambre régionale.

Anticiper la nécessaire relocalisation

Si la procédure de relocalisation a été abandonnée, faute d’issue parlementaire favorable, il faudrait pouvoir anticiper sur le long terme la maîtrise foncière des territoires de relocalisation, «voire, si nécessaire, permettre leur aménagement par dérogation aux dispositions de la loi Littoral limitant l’urbanisation des espaces proches du rivage». Les coûts esquissés dans la synthèse sont prohibitifs pour les collectivités et devraient donner lieu «à la mise en place de dispositifs dédiés n’existant pas à ce jour».

Pauvres communes riches

Car riches des entrées fiscales de leurs estivants, certaines communes sont en train de payer cher les coûts induits par leur exposition croissante aux risques littoraux, comme la construction de digues, d’enrochements ou d’épis, ou les travaux de ré-ensablement des plages dégradées. «A tel point que leur situation budgétaire peut parfois s’en trouver significativement affectée, comme c’est le cas par exemple de Soulac-sur-Mer et Capbreton.» Et ce sans compter les indemnisations dues aux victimes pour les éventuels manquements des collectivités.

 

 



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