Le lien arsenic-cancers étudié de plus près

Le 05 octobre 2006 par Agnès Ginestet
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Une enquête épidémiologique vient d’être lancée en Auvergne par l’Institut de veille sanitaire (InVS). Les résultats sont attendus pour 2008.

Puy-de-Dôme, Allier et Cantal: ces trois départements composent un terrain épidémiologique «favorable» pour étudier l'éventuelle relation entre l'exposition à l'arsenic hydrique et la survenue de cancer. L'arsenic est un composant de l'écorce terrestre naturellement présent dans le sol et dans les eaux souterraines. En Auvergne, environ 125.000 personnes seraient desservies par une eau potable présentant des concentrations supérieures à la norme actuelle de 10 microgrammes/litre (μg/l).

L'arsenic inorganique est cancérogène pour l'homme. Il a été classé dans le groupe I (cancérogène certain) par le Centre international de recherche sur le cancer. Après avoir préconisé une norme de 50 μg/l pendant plusieurs années, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande depuis 1993 une valeur guide de 10 μg/l. En France, une limite de qualité dans les eaux destinées à la consommation humaine fixée à 10 µg/l est appliquée depuis le 25 décembre 2003 (1).

L'exposition prolongée à de fortes concentrations en arsenic présent dans l'eau de boisson est à l'origine de cancers de la peau, du poumon, de la vessie et du rein ainsi que de problèmes de pigmentation cutanée et de kératoses. «Les effets sanitaires de l'arsenic sont connus à fortes concentrations. Des études ont été menées concernant de faibles concentrations (entre 10 et 200 µg/l), mais elles n'ont pas vraiment montré de lien avec l'apparition de cancers», estime Jean-François Jusot, coordonnateur de l'étude à l'InVS.

En Auvergne, l'enquête épidémiologique a été lancée le 15 septembre. Elle concerne toutes les personnes résidant dans les trois départements ciblés, chez lesquelles a été diagnostiqué -entre le 1er janvier 1998 et le 31 décembre 2005- l'un de ces quatre types de cancer: cutané, du poumon, de la vessie et des reins.

Des informations sont actuellement envoyées aux médecins et associations d'usagers. Les données seront recueillies auprès des caisses d'assurance maladie, hôpitaux et laboratoires d'anatomie pathologique, mais toute personne qui ne souhaite pas être prise en compte dans l'étude est en droit de le signaler. «Nous allons corréler la distribution des concentrations d'arsenic en Auvergne au nombre de nouveaux cas de cancers dans les communes», explique Jean-François Jusot.

En 2002, une évaluation quantitative des risques sanitaires avait été réalisée dans l'Allier et le Puy de Dôme. Le but était d'étudier la relation entre une exposition à de faibles concentrations en arsenic hydrique et l'apparition de cancer cutané. Les résultats ont montré un excès de risque de l'ordre de deux cas par an en Auvergne, pour une eau de boisson présentant une concentration en arsenic supérieure à 10 μg/l.



(1) Décret n°2001-1220 du 20 décembre 2001 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine, à l'exclusion des eaux minérales naturelles (J.O n° 297 du 22 décembre 2001) page 20381




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