Le lavage des engins de chantier moins polluant

Le 13 janvier 2005 par Claire Avignon
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Le lavage des engins de chantier est une activité polluante que prend en compte la plupart des grandes entreprises de terrassement. 38.000 nettoyages d'engins sont faits annuellement sur les chantiers français. Plusieurs solutions ont été développées pour ne pas contaminer en hydrocarbures les sols et les eaux.

Il y a quelques années, on nettoyait les engins de chantier sans se préoccuper du devenir des eaux de lavage ni des sols qui accueillaient les aires de lavage. Or, utilisés sur ces engins, des huiles de graissage composées d'hydrocarbures peuvent contaminer les eaux et les sols. «Aujourd'hui, certaines petites entreprises de terrassement ne prennent toujours pas en compte le problème, estime Elise Nicaise, responsable qualité et environnement à DTP terrassement (chiffre d'affaires de 255 millions d'euros), filiale de Bouygues Construction. Mais les grandes entreprises ont développé leur propre solution depuis plusieurs années déjà.»

Le procédé le plus utilisé consiste à créer des aires de lavage étanches – pour ne pas contaminer le sol – avec récupération des eaux de lavage polluées. Ensuite, les eaux sont traitées avec un débourbeur-deshuileur, procédé qui consiste à séparer les hydrocarbures, les boues et les eaux. «Les boues partent dans un centre d'enfouissement technique, explique Elise Nicaise. Selon la charge en hydrocarbures, elles sont considérées comme des déchets industriels banals ou dangereux.» En général, un chantier aménage une aire, voire deux pour les plus importants d'entre eux. «Chez DTP terrassement, notre but est d'optimiser ces aires de lavage en prenant soin de bien former nos équipes. Cela passe aussi par l'utilisation des aires pour réparer les engins qui ont des fuites», indique la responsable qualité et environnement.

Ce procédé n'a pas satisfait Luc Lecompte, directeur du matériel chez GTM terrassement (chiffre d'affaires de 287 millions d'euros), filiale du groupe Vinci, et directeur général de GTM matériel: «le transfert des machines jusqu'aux aires de lavage est long. Il faut compter une demie journée pour l'aller et une autre demie journée pour le retour. Or l'engin est fait pour travailler.» GTM terrassement a donc développé un système plus mobile, récompensé récemment par un "trophée des technologies économes et propres" organisé par l'Ademe. Il s'agit d'un kit de nettoyage sans eau qui projette des microgranulats de bicarbonate de soude, substance chimique qui lave sans enlever la peinture. «Le principe est de mettre un géotextile en dessous de l'engin qui retient les polluants. Après le nettoyage, on replie la bâche, on récupère les déchets et on les traite.» Le temps d'immobilisation des engins a diminué de 64% et la consommation d'énergie de 75% par rapport au lavage sur une aire classique. Le kit est utilisé depuis un an et demi et a déjà participé à trois campagnes. A terme, trois à quatre appareils seront nécessaires, selon Luc Lecompte, pour effectuer les 1.500 lavages annuels de l'entreprise de terrassement.




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