Le lait maternisé, sans effet sur le diabète

Le 11 juin 2014 par Romain Loury
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Hydrolysé ou non, pas d'impact sur le diabète
Hydrolysé ou non, pas d'impact sur le diabète

Le lait de vache ne semble pas accroître le risque ultérieur de diabète de type 1 (« diabète insulinodépendant ») chez les bébés, selon une grande étude internationale publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

De plus en plus courant chez l’enfant, le diabète de type 1, maladie auto-immune, pourrait être déclenché par une exposition précoce à des protéines complexes. Souvent évoquée, la piste du lait de vache, riche en une protéine appelée «caséine». Prises de doutes, de nombreuses familles touchées par la maladie recourent ainsi à du lait de vache hydrolysé, normalement réservé aux cas d’allergie ou d’intolérance au lait. Raison à cela: la caséine en a été réduite en petits morceaux, aux effets immunitaires supposés moindres.

Or ce choix ne serait d’aucune efficacité en prévention du diabète, révèle l’étude publiée par Mikael Knip, de l’université d’Helsinki (Finlande), et ses collègues. Les chercheurs ont étudié 2.159 enfants inclus dans la cohorte TRIGR [1], génétiquement à risque de développer la maladie –en raison de leur profil génétique et d’un diabète déclaré chez un parent au premier degré.

Pas d’effet sur les auto-anticorps

Après l’allaitement au sein, ces enfants ont été répartis en deux groupes, les uns prenant un lait maternisé standard, les autres son équivalent hydrolysé. Or après une médiane de 7 ans, les chercheurs n’observent aucune différence significative entre les deux groupes quant aux signes avant-coureurs d’un diabète de type 1. Le taux d’enfants présentant au moins deux auto-anticorps précurseurs du diabète était de 13,4% avec le lait hydrolysé, contre 11,4% dans le groupe contrôle.

Si le lait hydrolysé n’empêche pas la survenue d’auto-anticorps –contrairement à ce qui a été montré chez l’animal-, les chercheurs n’excluent pas qu’un effet préventif ait lieu plus tard, lors de la transition de l’auto-immunité au diabète déclaré. Ce qu’ils ne seront capables de vérifier qu’après un suivi d’au moins 10 ans, actuellement en cours.

[1] «Trial to Reduce IDDM [insulin-dependent diabetes mellitus] in the Genetically at Risk». Cette étude internationale porte sur 15 pays, dont les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et plusieurs pays européens –mais pas la France.



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