Le krill fait une descente d’acide

Le 10 juillet 2013 par Marine Jobert
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Euphausia superba, en difficulté.
Euphausia superba, en difficulté.
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Euphausia superba risque d’avoir du mal à se reproduire d’ici une centaine d’années, à cause de l’acidification de l’océan austral. Une étude publiée dans Nature Climate Change par une équipe australienne indique en effet que le krill –le nom générique de cette crevette des eaux froides, maillon essentiel du réseau trophique des océans, abondamment pêchée- a des pratiques reproductives qui le rendent très vulnérable à l’acidification causée par l’absorption du CO2 atmosphérique par l’océan. Car les taux de carbone dissous dans l’eau de mer s’approche lentement, mais sûrement, des limites au-delà desquelles la perpétuation de l’espèce risque de devenir compliquée.

 

Les scientifiques de la division australienne pour l’Antarctique, ont étudié le devenir du krill à la lumière de 4 scénarios, allant de l’absence totale de réponse au changement climatique au branlebas de combat. «De façon très troublante, nos découvertes démontrent que le krill sera incapable de nidifier ou de se développer dans de vastes zones de l’océan austral à l’horizon 2300 si les émissions de CO2 continuent au même rythme qu’aujourd’hui», explique le Docteur Kawaguchi, l’un des co-auteurs, un biologiste spécialiste du krill.

 

On savait déjà que les juvéniles et les adultes sont très exposés à la présence abondante d’acide carbonique dans l’eau de mer, du fait de leurs habitats et de leurs habitudes de déplacement (ils quadrillent les eaux horizontalement comme verticalement). Mais l’exposition des œufs avait peu été étudiée. Or le krill pond des œufs en surface, qui vont lentement couler jusqu’à 700-1.000 mètres de profondeur, sans possibilité de modifier leur trajectoire. Ce qui les expose sans coup férir à l’acidification. Or passée une certaine concentration en CO2, les embryons de krills se développent moins vite et continuent à s’enfoncer dans les abysses plutôt que de remonter vers la surface où ils pourront se nourrir. «Quand les œufs éclosent, ils sont programmés pour être capables de remonter vers la surface en nageant, où ils se nourriront. Mais retarder leur développement signifie qu’ils devraient avoir à nager davantage. Nous n’en savons pas suffisamment sur la capacité de ces larves à augmenter leur capacité de migration verticale», explique Rob King, l’un des co-auteurs de l’étude au Guardian.

 

 

Actuellement, les scientifiques ont mesuré la concentration en carbone dissous à 550 microatmospheres; le point critique, auquel le devenir du krill risque de basculer, a été évalué aux alentours de 1.250 microatmospheres. Baleines, phoques, oiseaux de mer, poissons, pingouins…et krills…ont donc du souci à se faire.

 

Selon la convention sur la diversité biologique, l’acidité des océans s’est accrue de 30% depuis le début de la révolution industrielle. L’augmentation de l’acidité des océans pourrait atteindre 150% d’ici à 2050. Cette hausse significative est 100 fois plus rapide que tout changement d’acidité de l’environnement marin depuis 20 millions d’années, ne laissant que peu de temps à une adaptation évolutionnaire des systèmes biologiques.

 

http://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate1937.html

 

http://www.cbd.int/doc/publications/cbd-ts-46-fr.pdf

 

 

 



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