Le Japon sort doucement du nucléaire

Le 14 septembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, annonçant la sortie du nucléaire.
Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, annonçant la sortie du nucléaire.

Le gouvernement impérial a fini par entendre la rue. Après des mois de manifestations anti-nucléaires, dont certaines réunissaient plus de 100.000 personnes, le Premier ministre Yoshihiko Noda a annoncé une sortie progressive du nucléaire.

Les réacteurs existants, qui pourront redémarrer après avis de l’autorité de sûreté, verront leur durée de vie limitée à 40 ans. Et aucune nouvelle tranche ne sera construite. Ce qui signifie, en principe, que le dernier réacteur nippon devrait être mis à l’arrêt en 2045. Mais Tokyo souhaite avancer de 15 ans cette échéance.

Pour compenser l’arrêt du parc nucléaire (qui produisait le tiers de l’électricité japonaise avant l’accident de Fukushima), le Japon va engager un important programme de… transition énergétique.

De très gros investissements seront réalisés pour accroître considérablement les modes de production utilisant les énergies renouvelables. En 2030, solaire, éolien et énergies marines devront injecter 35% du courant consommé par les Japonais, contre 10% aujourd’hui. Concrètement, les fermes photovoltaïques devraient produire 72 térawattheures (TWh) par an, contre 90 TWh/an par les parcs éoliens.

La part des centrales thermiques sera légèrement revue à la hausse (65% du courant produit, en 2030, contre 63% en 2010). Cela étant, bon nombre de centrales au charbon sera remplacée par des installations brûlant du gaz. Le gaz naturel liquéfié produira 38% des électrons japonais (29% aujourd’hui), contre 21% pour le charbon (24% aujourd’hui). Ce qui devrait sensiblement réduire les émissions carbonées du secteur électrique.

Tokyo prévoit aussi de sensibles économies d’énergie: -21% de consommation d’énergie finale en 2030, par rapport à 2010. La vente de chaudières à fioul lourd et de tout appareil énergivore devrait être interdite. La circulation automobile sera fortement limitée au centre des villes. Les ménages devront remplacer leur chauffage obsolète par des piles à combustible. Tout cela ne se fera pas sans douleur.

Le gouvernement estime que le coût de production du kilowattheure devrait bondir de 75% d’ici à 2030. Le climat ne devrait pas non plus sortir indemne de cette volte-face nucléaire. Jusqu’à présent, Tokyo prévoyait de réduire de 30% ses émissions carbonées entre 1990 et 2030. Désormais, l’objectif 2030 est fixé à -23%. Si tout va bien.

Selon la presse japonaise, le gouvernement de Yoshihiko Noda devrait publier avant la fin de l’année une feuille de route précise de la sortie du nucléaire. 18 mois après la catastrophe de Fukushima, le Japon est le quatrième pays industrialisé à sortir du nucléaire, après la Belgique, l’Italie et la Suisse.



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