Le Japon s’attaque à la gestion des eaux radioactives de Fukushima

Le 03 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Japon envisage désormais de rejeter à la mer de l'eau décontaminée en partie.
Le Japon envisage désormais de rejeter à la mer de l'eau décontaminée en partie.
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Le gouvernement conservateur a annoncé le déblocage de 47 milliards de yens pour réduire le flot d’eau qui baigne les fondations de la centrale accidentée et améliorer la dépollution des eaux contaminées. Ce qui est loin de résoudre tous les problèmes.

Tokyo avait promis de reprendre en main la gestion de Fukushima. La promesse est en passe d’être, partiellement, tenue. Le Premier ministre japonais a présenté, ce 3 septembre, un programme d’action visant à minorer le risque radiologique que font peser sur les techniciens qui œuvrent sur le site de la centrale accidentée et sur l’environnement marin les 340.000 tonnes d’eau contaminée, stockées dans un millier de réservoirs. Construits à la va-vite, certains d’entre eux commencent à fuir. Ce qui accroît la contamination locale et sans nul doute celle du littoral.

C’est au pied de l’une de ces cuves en acier que des techniciens de Tepco –l’exploitant de la centrale nucléaire accidentée- ont découvert, samedi 31 août, une flaque d’eau fortement contaminée (1.800 millisieverts/heure), dont la source n’a toujours pas été identifiée.

Un plan doté de 47 milliards de yens

Pour éviter pareille récidive, le gouvernement de Shinzo Abe va donc investir 47 milliards de yens (360 millions d’euros) pour réduire les écoulements d’eau, en provenance des collines avoisinantes, vers la centrale. Estimé à 1.000 mètres cubes par jour, ce flux intarissable se charge de particules radioactives après être entré en contact avec la nappe phréatique, contaminée par les eaux déversées en continu par les sauveteurs pour assurer le refroidissement des réacteurs accidentés.

Les deux tiers de cette manne seront consacrés à l’établissement d’une barrière étanche et souterraine faisant le tour du site de la centrale. Deux options sont possibles: l’injection de silicate de sodium pour empêcher tout mouvement d’eau sous l’installation, ou la congélation du sous-sol, comme cela se pratique pour réaliser des fondations en milieux humides. La première option semble avoir la faveur des experts nippons.

L’eau tritiée à la baille

Le solde devrait servir à la remise en marche du système de décontamination de l’eau de refroidissement des réacteurs accidentés. Baptisée ALPS, cette installation –qui utilise la technologie de l’osmose inverse- est à l’arrêt depuis le 8 août, officiellement pour nettoyer ou remplacer des pièces corrodées.

Important, ce plan gouvernemental est loin de résoudre le problème posé par l’eau de Fukushima. Censée filtrer les particules de 62 radionucléides, ALPS n’a pas la capacité de décontaminer l’eau tritiée. Laquelle devra probablement être rejetée dans le Pacifique. C’est d’ailleurs la recommandation faite par le président de l’autorité de sûreté, Shunichi Tanaka, et par une commission d’enquête sur la catastrophe établie par la société japonaise de l’énergie atomique. Le tritium ne pouvant être séparé de l’eau, la société savante recommande de diluer l’eau polluée avant de la rejeter dans l’océan. Au grand dam des pêcheurs locaux, dont l’activité est arrêtée depuis des mois.

La faute aux JO?

Par ailleurs, le traitement des eaux contaminées génèrera inévitablement des déchets fortement radioactifs, comme des boues. Des résidus dangereux pour lesquels aucun exutoire sûr n’est encore prévu.

Last but not least, si l’on connaît le montant de l’investissement que le gouvernement entend consacrer à la gestion de l’eau polluée, nul ne sait encore sur quelle ligne budgétaire il sera prélevé. Un détail qui pourrait expliquer la précipitation de Tokyo: c’est samedi 7 septembre que le comité olympique international doit annoncer la ville organisatrice des JO d’été de 2020. Tokyo est, bien évidemment, candidate.



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