Le Japon frappé par le plus puissant séisme de son histoire

Le 11 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le tsunami provoqué par le séisme de vendredi a emporté un ferry et un train.
Le tsunami provoqué par le séisme de vendredi a emporté un ferry et un train.

Des centaines de morts, 3 millions de personnes sans électricité, un réacteur nucléaire au bord de la perte de refroidissement: le premier bilan du tremblement de terre de ce vendredi 11 mars est d’ores et déjà très lourd.

 

C’est du jamais vu dans l’Empire du soleil levant. Vendredi, à 14 h 46 (heure locale, 05 h 46 GMT), un très violent tremblement de terre a secoué l’archipel. Selon le service de veille sismologique du bureau géologique américain (USGS selon l’acronyme anglais), l’épicentre du séisme était situé à 24 kilomètres de profondeur, à 130 km au large de Sendai, sur l’île de Honshu. Situé à 373 km au sud-ouest, Tokyo et sa région ont aussi été terriblement secouées. L’USGS indique que la magnitude du séisme atteint 8,9. Du jamais vu dans l’histoire du Japon!

 

Cet événement sismique n’est pas une totale surprise pour les géophysiciens. Ces deux derniers jours, de nombreuses secousses ont fait trembler le Japon, dont l’une a atteint une magnitude de 7,2, ce qui en faisait déjà l’un des 10 plus puissants séismes survenus dans la région depuis 1973. Pour mémoire, la magnitude du tremblement de terre ayant provoqué le tsunami de décembre 2004 était de 9.

 

Et justement, le tremblement de terre sous-marin a provoqué un important tsunami dont les vagues, d’une hauteur de 4 à 10 mètres, ont dévasté la côte nord-est du Japon. Dans la province de Miyagi, une vague de boue et de débris a déferlé à grande vitesse dans les champs, dévastant tout sur son passage. A certains endroits, l'eau a pénétré jusqu'à 5 km à l'intérieur des terres. La préfecture de Wakayama a ordonné l'évacuation de 20.000 personnes en prévision de nouveaux raz-de-marée.

 

Les premiers bilans sont alarmants. A l’heure où nous mettons en ligne, la police japonaise comptabilisait au moins 337 morts, 531 disparus et plus de 600 blessés. Un train de la compagnie JR East et un ferry sont toujours portés disparus.

 

Malgré leur habitude des colères de la terre, les Japonais semblent avoir été pris au dépourvu par l’ampleur de la catastrophe. Dans la région de Tokyo, a confirmé l’électricien local Tepco, plus de 3 millions d’usagers passent la nuit dans le noir.

 

A Tokyo, les gratte-ciel, construits sur des structures parasismiques, ont tangué pendant de longues minutes après le séisme. L'aéroport international de Narita a suspendu le trafic et décidé d'évacuer les bâtiments. Les transports ferroviaires et routiers ont été interrompus dans une grande partie de l'archipel, en particulier à Tokyo et sa région, bloquant des millions de personnes qui ont pris d'assaut les hôtels de la capitale.

 

Dans la région de Tokyo, 11 réacteurs nucléaires, sur les 55 en activité dans l’archipel, ont été arrêtés, 11 centrales thermiques, 4 barrages. Huit sous-stations sont hors d’usage. Les réseaux de transport et de distribution sont endommagés. Deux incendies, rapidement maîtrisés, ont éclaté dans les îlots conventionnels (non nucléaires) des centrales nucléaires d’Onagawa et de Fukushima Daini, ont indiqué Tohoku et Tepco, leurs exploitants respectifs. Aucune fuite de radioactivité n’a été détectée dans l’environnement, assure le Forum de l’industrie atomique japonais, dans un communiqué.

 

Sous l’effet des secousses, une fuite de gaz s’est déclarée dans la raffinerie d’Ichibara (préfecture de Chiba), l’une des 4 exploitées par Cosmo OIl. L’installation est, depuis, la proie de gigantesques flammes.

 

L’inquiétude est aussi très grande dans la préfecture de Fukushima.

Un barrage a rompu, noyant plusieurs maisons, indique l'agence Kyodo. Dans cette région du nord-est du Japon, Tepco exploite aussi deux des plus grandes centrales nucléaires du monde: Fukushima Daini, avec 8 tranches à eau bouillante et Fukushima-Dai-Ichi avec 6 réacteurs de même technologie.

 

Faute de courant, les 7 réacteurs en service au moment du séisme sur les deux sites se sont automatiquement arrêtés. Ce qui est normal en pareil cas. Des moteurs diesel ont été démarrés pour maintenir en fonctionnement les pompes des circuits de refroidissement. Sans grand succès. Selon l’électricien tokyoïte, les générateurs de secours des trois premières tranches de Fukushima Dai-Ichi et de la première tranche de Fukushima Daini n’ont pas pu démarrer ou ont rapidement calé.

 

Les réacteurs à eau bouillante sont d’une conception différente de celle des réacteurs à eau sous pression (REP), comme ceux exploité par EDF en France. «Leur cœur est plus petit qu’un REP et il baigne dans un plus grand volume d’eau», rappelle Pascal Quentin, l’adjoint au directeur de la sûreté des réacteurs à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Cela donne un délai supplémentaire aux sauveteurs pour relancer les pompes et éviter une perte du refroidissement du cœur, qui peut entrainer sa fusion.

 

Par précaution, les autorités ont fait évacuer les 6.000 riverains de la centrale de Fukushima Dai-Ichi. En attendant l’arrivée de camions transportant de nouveaux générateurs, des militaires, en tenue NBC, sécurisent le périmètre.

 

A l’étranger, le spectre du tsunami de 2004 refait surface. Le centre d’alerte au tsunami du Pacifique a émis un bulletin d’alerte pour la Russie, de très nombreux archipels du Pacifique (dont les Marquises et la Polynésie française), Hawaï, l’Indonésie, la Nouvelle-Calédonie, ainsi que toutes les côtes occidentales des pays d’Amérique latine et centrale, du Panama au Chili.



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