Le HCSP recommande de ne pas désinfecter les rues

Le 08 avril 2020 par Stéphanie Senet
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Marseille a déjà procédé à une désinfection des rues à l'eau de Javel
Marseille a déjà procédé à une désinfection des rues à l'eau de Javel

Dans un avis publié le 7 avril, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande à son tour de ne pas effectuer de nettoyage des rues et du mobilier urbain avec un produit désinfectant ou détergent pour éviter les risques sur les travailleurs et l’environnement.

Dans un avis très attendu, le HCSP a tranché: aucun argument scientifique ne prouve l’efficacité d’un nettoyage spécifique ou d’une désinfection de la voierie sur la transmission du SARS-CoV-2. Le Haut Conseil avait été saisi le 26 mars par la Direction générale de la santé, suite à des désinfections à l’eau de Javel réalisées notamment à Cannes, Marseille, Menton et Nice. N’en déplaise à Rachida Dati, qui le réclamait à Paris, plusieurs agences régionales de santé avaient aussi recommandé d’éviter un tel nettoyage, au nom des risques sur l’environnement.

Caustique et toxique

Le HCSP, qui a analysé les nettoyages réalisés en Corée du Sud et en Chine, affirme qu’il s’agissait essentiellement de pulvérisations –par camion ou système individuel- d’oxydants chlorés (de l’eau de Javel et des dichloroisocyanurates utilisés dans les piscines), dont l’efficacité n’a pas été prouvée. Il rappelle aussi que l’eau de Javel a des propriétés caustiques et irritantes pour les personnes et les animaux qui sont en contact, et s’avère toxique pour les organismes aquatiques et les plantations en bordure de voierie (INRS[1]).

Au contact de matières organiques

Il ajoute que sa pulvérisation dans les rues, au contact de matières organiques, conduit à générer des sous-produits halogénés, dont des bromés mutagènes, qui peuvent être toxiques pour les travailleurs et l’environnement.

Nettoyages habituels

En conclusion, le Haut Conseil recommande formellement de ne pas procéder à un nettoyage spécifique ou à une désinfection des rues et du mobilier urbain. Il conseille toutefois de poursuivre les nettoyages habituels, à une fréquence plus soutenue pour le mobilier urbain, en veillant à ce que les professionnels bénéficient des équipements de protection habituels. Dernière recommandation: éviter formellement d’utiliser des appareils pouvant souffler les poussières, comme les souffleurs de feuilles.



[1] Institut national de recherche et de sécurité