Le HCSP veut dépoussiérer le dossier amiante

Le 25 août 2014 par Romain Loury
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Abaisser le seuil, oui mais...
Abaisser le seuil, oui mais...
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Selon le Haut conseil de la santé publique (HCSP), le seuil pour lancer des travaux de désamiantage devrait être abaissé à 2 fibres par litre d’air (f/l), contre 5 f/L actuellement. Un sage conseil, mais dont l’application  semble illusoire tant que le problème de l'amiante n’est pas mieux géré, ajoute-t-il aussitôt dans son nouveau rapport sur le sujet.

Fixé en 1996, ce seuil d’empoussièrement de 5 f/L, au-delà duquel un désamiantage s’impose, «correspond au niveau moyen qui était mesuré dans l’air en milieu urbain dans les années 1970», rappelle le HCSP. Depuis, ce composé cancérigène s’est heureusement raréfié dans l’atmosphère. Selon une étude, menée en 2011-2012 à Paris, le niveau maximal d’amiante dans l’air serait de 0,08 f/L.

Pour le HCSP, il semble dès lors possible d’abaisser le seuil à 2 f/L à partir du 1er janvier 2020, voire plus par la suite, en fonction de l’évolution des pratiques. Diminuer le seuil impose quelques ajustements préalables, estime le HCSP. Car le Haut conseil pointe plusieurs manquements dans la gestion du dossier amiante en France.

Celui-ci souffre ainsi d’«une règlementation trop complexe qui ne s’appuie pas assez sur les normes, [d’]un faible contrôle des pratiques qui, dans de nombreux cas, ne sont pas conformes à la règlementation, et [d’]une connaissance insuffisante du risque lié à la présence d’amiante dans les bâtiments».

L’amiante naturel, peu pris en compte

Une connaissance certes insuffisante dans le bâtiment, mais aussi à l’extérieur, ce qui constitue un angle mort de la lutte contre l’amiante. En particulier, les affleurements de roches amiantifères «conduisent à des risques d’exposition lors de travaux d’aménagement, de génie civil, de circulation de véhicules, d’activités agricoles (labours, élevage) et à un degré moindre par le réenvol de particules fines provoqué par toute activité ou par érosion naturelle», indique le HCSP.

Malgré quelques «initiatives locales», il n’existe aucun cadre réglementaire relatif à la question de ces affleurements et à l’exposition de la population générale. Le HCSP va jusqu’à prôner une restriction de l’accès à certains terrains, et propose de tenir compte de ce facteur lors de projets de construction -quitte à les interdire. L’institution propose par ailleurs d’utiliser, pour l’amiante naturel, le même seuil que celui de déclenchement de travaux de désamiantage.

Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), l’amiante aurait fait de 61.300 à 118.400 morts entre 1955 et 2009. De 2009 à 2050, il pourrait entraîner de 50.000 à 75.000 décès par cancer du poumon, de 18.000 à 25.000 décès par mésothéliome. Sans compter les cancers du larynx et des ovaires, désormais clairement liés à ce matériau.



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