Le gypaète barbu, ami de la «Grande muette»

Le 11 février 2015 par Romain Loury
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Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
DR

Jeudi 12 février, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) va renouveler son protocole de protection du gypaète barbu avec le ministère de la défense, afin d’éviter le survol militaire des zones de nidification. Nouveauté: des sessions d’information pour les pilotes d’avion et d’hélicoptère, dispensées par la LPO.

«Emblématique des milieux montagnards et menacé d'extinction, ce rapace diurne, le plus grand d'Europe (…) souffre notamment de l'activité des avions et des hélicoptères à proximité des sites de nidification durant sa période de reproduction. Ces survols sont un facteur important de dérangement et augmentent sensiblement le risque d'échec de la reproduction et d'abandon de la couvée»,  rappellent la LPO et le ministère de la défense dans un communiqué commun.

Nidifiant dans des cavités de falaises, entre 1.000 et 2.500 mètres d’altitude, le gypaète est très sensible au bruit, quitte à déserter son nid, ou tout simplement à se positionner à côté, laissant son œuf à découvert en plein hiver, explique Philippe Serre, coordinateur du plan national d’actions (PNA) gypaète barbu pour la LPO.

Dès 2008, l’association signait un premier accord avec le commandement régional de l’armée de terre pour le sud-ouest, prévoyant l’évitement du survol par les hélicoptères des zones de sensibilité majeures (ZSM) du gypaète barbu, à moins de 1.000 mètres du sol. Et ce du 1er novembre au 15 août, période allant de la ponte jusqu’à l’envol du jeune gypaète.

En 2009, il était étendu au niveau national après signature avec le ministère de la défense, couvrant désormais les avions de l’armée de l’air comme les hélicoptères, et l’ensemble des régions abritant le rapace: outre les 39 couples recensés dans les Pyrénées en 2014, on en compte 9 dans les Alpes et 5 en Corse. C’est ce protocole que la LPO va renouveler jeudi avec les ministères de la défense et de l’écologie -qui pilote le PNA gypaète barbu.

Les pilotes directement sensibilisés

Nouveauté du protocole, des sessions d’information seront dispensées aux pilotes, à raison d’une fois par an à l’Ecole de pilotage de l’armée de l’air (Cognac, Charente), à l’Ecole de l’aviation légère de l’armée de terre, à Dax (Landes), ainsi qu’auprès des bases militaires pyrénéennes, explique Philippe Serre.

Pourquoi ce soudain besoin de formation? Car malgré le protocole de 2009-2014, «nous avons observé sur cette période des échecs de reproduction liés à des survols d’hélicoptères», explique Philippe Serre.

Selon lui, le taux de reproduction du gypaète barbu en France ne serait actuellement que de 0,3 jeune par an, soit un jeune tous les 3 ans, du fait des perturbations de son environnement. Si «dans le meilleur des cas», ce taux devrait être de 1, «nous serions déjà très heureux d’arriver à 0,5 ou 0,6», ajoute-t-il.

Outre le ministère de la défense, la LPO dispose d’un protocole avec l’Office national de la forêt (ONF) et avec RTE (Réseau de transport d’électricité), et mène aussi des activités de sensibilisation auprès des fédérations de chasse, des éleveurs, ainsi que des clubs de parapente et de randonneurs.



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