Le Grenelle pourrait doubler le marché de l’énergie

Le 16 juillet 2008 par Claire Avignon
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Pour la première fois, l’Ademe a calculé le marché que représentent les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie en France, et ce qu’il pourrait représenter dans 4 ans. Des chiffres qui seront utiles aux parlementaires lors de leur examen des projets de loi issus du Grenelle.

70 milliards d’euros. C’est ce que pourrait représenter le marché des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique en 2012 si les conclusions du Grenelle étaient correctement mises en œuvre, calcule l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans une étude présentée le 9 juillet. Pour 2007, l’agence évalue ce même marché à 33 milliards d’euros, en hausse de 12,3% en coût constant par rapport à 2006. Un rythme insuffisant puisque le Grenelle exige qu’il atteigne 16% d’augmentation annuelle. Quant au nombre d’emplois, il doublerait pour passer de 220.000 à 440.000.

C’est la première fois que l’agence s’essaie à cette étude qui est promise à une annualisation. Elle complète les travaux de la commission des comptes et de l’économie de l’environnement sur le marché de l’environnement. Lors de sa dernière réunion, le 19 juin (1), la commission avait évalué à 36,2 milliards d’euros et à 376.000 emplois pour 2006 les activités liées aux déchets, à l’eau, l’air, etc.

En 2007, l’efficacité énergétique représentait 72% du marché, celui des énergies renouvelables 28%. En 2012, les parts s’établiraient respectivement à 66% et 34%.

C’est dans le secteur de la maîtrise de l’énergie du résidentiel que les chiffres devraient le plus exploser. 200.000 personnes environ devraient être embauchées, dont 160.000 pour isoler les logements. «Il faudra tripler le rythme actuel pour suivre le Grenelle, ce qui exige d’accélérer les formations», prévient Chantal Jouanno, présidente de l’Ademe. «C’est là que se situe l’enjeu», confirme son directeur de cabinet Matthieu Orphelin.

Le reste du secteur de l’efficacité énergétique comprend la vente de chaudières à condensation (800 millions d’euros en 2007 et 3 milliards d’euros en 2012), l’électricité spécifique -dont les lampes à basse consommation- (3 puis 18 milliards) et le transport qui se décompose en infrastructures ferroviaires et tramways (10,5 puis 61 milliards) et les voitures les moins énergivores (13,5 puis 43,5 milliards). Dans le cas de l’électricité spécifique et des voitures, ce sont les classes les plus écolos qui ont été retenues, dont les classes A (moins de 100 grammes de CO2 par kilomètre) et B (entre 101 et 120 g CO2/km) dans le second cas.

Les énergies renouvelables devraient représenter 120.000 emplois en 2012 contre 24.000 en 2007. 38.000 proviendraient du bois-énergie (marché de 4,9 milliards d’euros), 18.400 des pompes à chaleur (2,4 milliards), 18.100 de l’éolien (6,3 milliards), 13.100 du photovoltaïque (3,3 milliards) et 12.600 du solaire thermique (2 milliards). Des rapports plus détaillés, notamment par source d'énergies, seront bientôt publiés par l'Ademe.

L’étude n’inclut pas encore tous les domaines, notamment la rénovation du tertiaire, l’efficacité énergétique dans l’industrie, ou encore le marché des diagnostics de performance énergétique.

Ces prévisions semblent plus réalistes que celles de Jean-Louis Borloo qui estime de son côté à 500.000 la création nette d’emplois liés à l’application du Grenelle, dont la plus grosse partie proviendrait des mesures en énergie.

(1) Voir l’article du JDLE «Les dépenses de protection de l’environnement en France»


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