Le Grenelle ne permettra pas à la France d’atteindre le «facteur 4»

Le 17 juin 2009 par Victor Roux-Goeken
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CO2 bis
CO2 bis

La France pourra seulement atteindre le facteur 3 en 2050 si elle concrétise les engagements du Grenelle de l’environnement, selon le directeur associé du Boston consulting group. Ce cabinet de consultants a réalisé pour le Meeddat une étude d’impact du Grenelle, qui table, dans certaines conditions, sur une activité de 450 milliards d’euros et la création de 600.000 emplois d’ici 2020.

La concrétisation des mesures issues du Grenelle de l’environnement devrait générer d’ici 2020 une activité d’environ 450 milliards d’euros, financés à hauteur d’environ 170 milliards par l’Etat et les collectivités, selon une étude réalisée par le cabinet Boston consulting group (BCG) pour le compte du Meeddat. Présentées mardi 16 juin au ministère par Marc Benayoun, directeur associé du BCG, ces «réflexions sur le portefeuille de mesures» issues du Grenelle tablent sur 600.000 créations d’emplois, intérimaires compris. Jusqu’en 2014, 95% des emplois seront liés à la mise en place des infrastructures (au sens large du terme), avant que ceux liés à leur exploitation ne commencent à gagner du poids.

Entre 2005 et 2020, la France devrait réduire ses émissions de 27%, 14% de cette baisse étant attribuables à la mise en œuvre du Grenelle. «Si nous continuons sur cette lancée, nous arriverons à un facteur 3 en 2050», a prévenu Marc Benayoun, au lieu du fameux «facteur 4» (baisse de 75% des émissions en 2050) auquel la France s’est engagée et que réaffirme le projet de loi «Grenelle I».
A l’horizon 2020, la consommation d’énergie fossile devrait baisser de 25% –19% grâce au Grenelle– améliorant d’autant la balance commerciale du pays.

Le bâtiment, les transports et les énergies renouvelables sont les activités qui profiteront le plus de la mise en œuvre du Grenelle et devraient connaître une forte croissance jusqu’en 2014. Au plus fort du financement du Grenelle, l’Etat devra débourser 11 milliards € par an, un montant qui n’est pas «de nature à déstabiliser les dépenses publiques», a assuré Marc Benayoun.

Le cabinet s’est aussi penché sur les rapports coûts/gains de CO2 et créations d’emplois. Le bonus/malus et «véhicules propres», les énergies renouvelables hors photovoltaïque et la rénovation thermique du bâtiment capteront 45% du financement public tout en générant 88% des gains de CO2 et 61% des emplois. Les travaux «lignes à grande vitesse (LGV), le photovoltaïque, les transports et la rénovation des bâtiments publics capteront 55% du financement public et généreront 12% des gains de CO2 et 39% des emplois. «Nous ne partageons pas l’analyse du BCG sur l’impact des transports», a rétorqué le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo, pour qui «une offre de transport de qualité est source d’amélioration sociale».

Tous ces effets se concrétiseront à condition que l’Etat entretienne ce mouvement d’ascension jusqu’en 2014. Un effort qui nécessitera une deuxième phase de mesures en 2011, à étudier dès 2010, a indiqué Jean-Louis Borloo. La France devra aussi se doter d’un champion des énergies renouvelables, pourquoi pas dans le photovoltaïque, afin de garder les emplois induits par cette hausse d’activité. Le ministre a déclaré être «frappé [de voir] à quel point on a loupé le virage des énergies renouvelables».

Pour France nature environnement, l’étude du BCG constitue un «signal clair» quant à l’intérêt écologique et économique du Grenelle de l’environnement, a contrario du plan de relance de janvier dernier, entre lesquels le gouvernement doit cesser de slalomer.


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