Le Grand Paris Express déraille

Le 24 janvier 2018 par Marine Jobert
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Le Grand Paris Express dans une mauvaise passe.
Le Grand Paris Express dans une mauvaise passe.
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Le calendrier, la conduite et le financement des 200 kilomètres de voies nouvelles de métro autour de la capitale vont devoir être sérieusement revus, alerte la Cour des comptes. Message reçu 5 sur 5 par le gouvernement.

200 km. Quatre lignes nouvelles. Un prolongement de ligne. 68 stations. Un budget qui s’envole de 19 à 35 milliards d’euros. Le Grand Paris Express donne des sueurs froides aux élus d’Ile-de-France et aux finances du pays. «Nous devons faire en sorte que ce sur quoi nous nous engageons soit le plus conforme possible à la réalité du projet», a prévenu Edouard Philippe, en déplacement ce 23 janvier auprès du premier tunnelier qui entrera en action dans les semaines à venir. Un écho du «Nous avons beaucoup trop promis» prononcé par le même Premier ministre lors de l’ouverture des Assises de la mobilité, en septembre dernier? La ministre des transports a eu beau répéter hier 24 janvier devant le Sénat que «le schéma d'ensemble n'[était] pas remis en cause», la situation «ressemble à une préparation psychologique aux mauvaises nouvelles», estime Michel Bournat, président (Les Républicains) de la communauté d’agglomération Paris-Saclay (Essonne), cité par Le Monde. Un calendrier «recalé sur des bases réalistes» devrait être rapidement annoncé par Edouard Philippe, a précisé Elisabeth Borne.

La RATP et Ile-de-France Mobilités ont lancé «le plus important appel d'offres d'Europe» pour l'achat de 250 à 1.000 bus électriques. Un marché d’un «montant maximum» de 400 millions d'euros, qui porte sur des bus électriques standards de 12 mètres dont les premiers exemplaires de série devront être livrés fin 2020. Objectif: renouveler massivement le parc bus de la RATP avec 100% de bus propres d'ici 2025.

Risque de la dette perpétuelle

Il faut dire que le récent rapport de la Cour des comptes consacré à la Société du Grand Paris (SGP) a de quoi donner le vertige, tant du point de vue budgétaire que de la gouvernance. La rue Cambon alerte sur «le dérapage considérable du coût prévisionnel du Grand Paris Express, sur les risques qui en résultent pour les finances publiques et sur la fragilité de la situation dans laquelle se trouve la SGP». Il semble que le gouvernement ait pris conscience «très récemment des enjeux de soutenabilité du modèle financier de la SGP», est-il noté. En témoigne la mission confiée au préfet de Paris cet automne, qui propose un étalement des constructions, avec pour effet de lisser les trajectoires de dépenses, quoique de façon insuffisante. Chargée du chantier, la SGP serait structurellement incapable d’amortir sa dette, estime la Cour des comptes, étant trop dépendante de variations même limitées du coût des travaux, du rendement des taxes fiscales, des taux d’intérêt ou de l’indice du coût de la construction. La dernière année de remboursement pourrait être reculée «au-delà de 2100 [donc bien au-delà de l’objectif d’amortissement complet de la dette, en 2070], voire faire entrer la SGP dans un système de dette perpétuelle».

Les véhicules diesel d'avant 2005 (étiquetés Crit’Air 4) seront interdits à Paris au premier semestre 2019, a annoncé la maire de Paris Anne Hidalgo. En 2022, ce sont les Crit'Air 3 (véhicules essence de 1997 à 2005 de norme Euro 2 et 3, et véhicules diesel de 2006 à 2010 de norme Euro 4) qui seront bannis de la capitale, avant d’en finir totalement avec le diesel en 2024. Une votation citoyenne portant sur le plan Climat de la ville et la fin des véhicules thermiques sera par ailleurs organisée d’ici 2030.

Les JO auront leur métro

Les voyageurs, eux, devront patienter quelques années supplémentaires. Si le prolongement de la ligne 14 devrait être livré comme prévu en 2024, la ligne 15 qui ceinturera le Grand Paris pourrait être achevée avec deux années de retard pour sa partie sud (soit en 2024), et tarder jusqu’en 2030 pour le reste du parcours, précise Le Monde. La ligne 17, qui doit notamment relier le village olympique de Saint-Denis Pleyel, le centre de presse du Bourget et Roissy, à travers la Seine-Saint-Denis, devrait être livrée à temps, en 2024, Jeux Olympiques obligent. Tant pis pour la partie est de la section, reportée à 2026. Quant à la desserte de Saclay (Essonne), cœur du futur grand pôle scientifique et technologique Paris-Saclay, la ligne 18 qui doit théoriquement arriver en 2024 s’annonce également avec au moins deux ans de retard.

 

 



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