Le Grand Lyon: un territoire bourré d’énergies

Le 10 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bruno Charles : maintenant, nous pouvons esquisser les scenarii de la transition énergétique de Lyon.
Bruno Charles : maintenant, nous pouvons esquisser les scenarii de la transition énergétique de Lyon.
E.SOUDAN

La deuxième métropole de France vient de publier son schéma directeur des énergies. Cette cartographie fine lui permettra de préparer des scénarios de transition énergétique réalistes.

«Connais-toi toi-même!» Le précepte socratique s’applique sans doute à tout. Et en tout cas à la gestion de l’énergie. C’est ce principe qu’a appliqué le Grand Lyon. Cinq ans après l’adoption du plan Climat Energie territorial (PCET), la deuxième métropole de France vient d’achever son schéma directeur des énergies (SDE). «Concrètement, il s’agit de cartographier, à la maille Iris[1], les flux de toutes les énergies, incluant production, transport, distribution et consommation», explique Bruno Charles.

Travail ardu

Cette étude, qui peut se résumer à quelques chiffres (lire encadrés), est le fruit de plusieurs années de travail ardu: la collectivité avait invité 89 partenaires autour de la table. Certains se faisant tirer l’oreille: «Les gestionnaires de réseaux et les énergéticiens aiment peu partager leurs données», résume le vice-président (EELV) de la métropole.

3.000 jeux de données

RTE, Enedis, GRDF, GRTgaz et les exploitants des réseaux de froid et de chaud (Dalkia, Cofely et Sigerly) ont fini par transmettre leurs données. Au total, 3.000 jeux de données ont été agglomérés dans un outil de modélisation multi-énergies. Des informations souvent plus fines qu’ailleurs. 70.000 logements sont connectés aux réseaux de chauffage collectif. Les habitants de l’agglomération ont été parmi les premiers à être équipés du compteur communicant Linky, grand pourvoyeur de données.

 

Ce vaste audit énergétique fournit une cartographie extrêmement fine de la situation; chose rare pour une collectivité tricolore. Il met aussi à mal certaines idées reçues. «Nous pensions que les logements du centre-ville étaient majoritairement chauffés au gaz naturel, en fait, ils utilisent plutôt l'électricité», souligne Bruno Charles.

Plus stratégiquement, le SDE est la base qui permettra à la collectivité de baliser le chemin de sa transition énergétique. «Les objectifs de notre PCET sont clairs: les 3 x 20 en 2020 et le facteur 4 en 2050. Mais le chemin qui y mène n’est pas encore tracé», reconnaît l’élu écologiste. Armé de son schéma directeur, les planificateurs du Grand Lyon vont pouvoir phosphorer.

Trois scenarii

Trois scenarii, à la fois techniques, économiques et sociétaux, doivent être proposés aux élus lyonnais d’ici la fin de l’année 2018. Ils devront tout à la fois booster la production d’énergies renouvelables, développer des synergies avec les parties rurales de l’agglomération (le tiers du territoire) afin, pourquoi pas, de développer la production de biogaz injectable dans les réseaux, à partir de la méthanisation des déchets urbains.

Ensuite, il faudra convaincre énergéticiens, entreprises et habitants de se jeter dans le grand bain de la transition. Mais ça, ce sera pour la décennie prochaine.

 

En chiffres: habitants, entreprises et administrations consomment, chaque année, 33 TWh d’énergie finale, soit 24 MWh/an/habitant. Le montant annuel de la facture s’élève à environ 3 milliards d’euros. L’agglo produit 2,9 TWh/an et émet 7,6 Mtéq.CO2.


[1] Iris est une maille statistique, utilisée par l’Insee, qui correspond au territoire occupé par environ 2.000 personnes.

 



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