Le grand bond en arrière du Mexique

Le 30 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les engagements sont désormais inférieurs aux objectifs légaux.
Les engagements sont désormais inférieurs aux objectifs légaux.
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Dans sa contribution nationale, le Mexique fait mine de vouloir réduire ses émissions de GES. Pour mieux les accroître.

Et de 4! Après la Suisse, l’Union européenne et la Norvège, au tour du Mexique de publier ses intentions climatiques (INDC) sur le site spécialisé de l’ONU.

Cette contribution est intéressante à plus d’un titre. C’est la première émanant d’un pays en développement, non soumis aux contraintes du protocole de Kyoto. En outre, le Mexique n’entend pas faire porter ses efforts sur les seuls gaz à effet de serre (GES) visés par le protocole de Kyoto[1].

Un peu sur le modèle européen, Mexico propose deux types d’engagements: «inconditionnels» et «conditionnés» à la conclusion d’un accord.

GES à vie courte

Dans le premier cas, le Mexique s’engage à réduire d’un quart ses émissions de GES d’ici 2030. Dans ces GES, on trouve bien sûr les «6 de Kyoto», mais aussi les suies, le fameux Black Carbon. Mexico, comme Washington, milite pour une réduction rapide des rejets de GES à vie courte.

En cas d’accord au Bourget en décembre prochain, le taux de réduction de GES et de suies pourrait atteindre 40%. A condition toutefois que les pays riches passent à la caisse: leur aide financière et technique (transfert de technologies dans le domaine de l’eau, par exemple) sera la bienvenue.

Mais au fait, sur quelle valeur de référence le Mexique se base-t-il pour fixer ses engagements? Réponse: aucune. Dans son INDC, Mexico ne parle que d’efforts à fournir par rapport à un scénario tendanciel.

Engagement vs. la loi

Tentons tout de même une petite reconstitution. Si aucune action d’atténuation n’était entreprise, le Mexique promet d’émettre 906 millions de tonnes de GES en 2020; 1 milliard, 5 ans plus tard; et 1,1 milliard en 2030. On peut dès lors considérer que le Mexique s’engage sur une fourchette allant de 660 (promesse «conditionnée») à 880 millions de tonnes équivalent CO2 (promesse «inconditionnelle») en 2030.

 



[1] Dioxyde de carbone, méthane, oxyde nitreux, hydrofluorocarbones, hydrocarbures perfluorés, hexafluorure de soufre.

 



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