Le gouvernement donne un coup de pouce aux énergies en réseau

Le 08 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le chauffage urbain de Copenhague (photo) est essentiellement alimenté par des usines d'incinération.
Le chauffage urbain de Copenhague (photo) est essentiellement alimenté par des usines d'incinération.

Comme annoncé, le Fonds chaleur verra sa dotation annuelle augmentée de 20% dès l’an prochain.

 

Beaucoup de communication et un peu d’argent. C’est en résumé ce que le gouvernement a promis, lundi 7 octobre, aux partisans des réseaux de chaleur et de froid. En déplacement à Reims, la ministre de la transition écologique et sa secrétaire d’Etat ont dévoilé une vingtaine de mesures élaborées par le groupe de travail ministériel «chaleur et froid  renouvelables». Des mesures réclamées à corps et à cri par la profession, au vu des objectifs de développement fixés par le législateur.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoit, en effet, de quintupler la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid entre 2015 et 2030. L’objectif de 32% de consommation d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français d’ici à 2030 implique de porter à 38 % de consommation la part de chaleur d’origine renouvelable contre 20,4% aujourd’hui. Une gageure.

L'énergie en réseau. La France compte aujourd’hui 760 réseaux de chaleur, s’étalant sur plus de 5.300 km, qui livrent 252 TWh de chaleur par an. Plus de 38.000 bâtiments urbains sont  raccordés: l’équivalent de 2,4 millions de logements. En 2017, leurs chaufferies consommaient 56% d’énergies renouvelables (biomasse, géothermie) et de récupération.

Que propose l’Etat pou rquasiment doubler production et consommation de froid et de chaleur verts? D’abord, de communiquer. Beaucoup communiquer. Elisabeth Borne et Emmanuelle Wargon recommandent de «mener des campagnes de conviction», «des campagnes régionales d’information», de «communiquer plus efficacement», voire de publier «en open data la carte des bâtiments propriétés de l’Etat» raccordés à un chauffage urbain ou à une climatisation collective. Objectif: montrer aux élus locaux l’efficacité du système en réseau. La proximité des élections municipales n’est évidemment pas un hasard.

un fonds mieux doté

Plus sérieusement, l’Etat a confirmé que la dotation initiale du Fonds chaleur serait bien portée à 350 millions d’euros en 2020: 20% de mieux qu’en 2019. Ce n’est pas le doublement réclamé par le syndicat des énergies renouvelables (SER), mais c’est un progrès. Cette dotation devrait être revue à la hausse, dès 2021, «afin de compenser le gel de la contribution climat énergie, si la reprise d’une trajectoire de hausse de hausse de cette dernière n’est pas décidée d’ici là», indique le communiqué du ministère de la transition écologique. «Un élément rassurant», commente Jean-Louis Bal, le président du SER.

L’administration entend aussi développer la part des énergies renouvelables et de récupération. Pour ce faire, une prochaine loi de finance pourrait durcir les critères d’éligibilité au taux minimum de la TVA (5,5%) en portant à 55% en 2025 et 60% en 2030 la part d’énergies «vertes» consommées, contre 50% aujourd’hui.



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