Le gouvernement autorise le 1er coup de pioche du GCO

Le 23 janvier 2018 par Marine Jobert
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Le GCO est sur la route.
Le GCO est sur la route.
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La construction d’une autoroute de 24 kilomètres pour contourner Strasbourg se précise, avec le feu vert donné ce 23 janvier par le gouvernement. Et ce, malgré les réserves émises par le Conseil national de protection de la nature (CNPN), dénonce Alsace Nature.

C’est par un communiqué commun que Nicolas Hulot et Elisabeth Borne ont annoncé ce 23 janvier qu’ils délivraient l'autorisation unique environnementale nécessaire pour lancer les travaux du chantier préparatoire du GCO. L’enquête publique de trois mois pour cette l’autoroute projetée pour contourner la capitale alsacienne par l’ouest devrait s’ouvrir prochainement. Dans le Journal officiel du jour, la déclaration d’utilité publique, délivrée en 2008, est prolongée de 8 ans, jusqu’en 2026.

Le CNPN, très critique

Les deux ministres rappellent que le CNPN a donné à plusieurs reprises du fil à retordre aux groupes de BTP Arcos (filiale de Vinci) et Eiffage. Ses experts ont émis plusieurs avis défavorables, notamment sur les mesures de compensation envisagées, et demandé des précisions relatives à la protection de la biodiversité lors du chantier, mais aussi pour compenser les impacts de l’infrastructure sur des espèces protégées et les écosystèmes locaux. Le caractère consultatif de l’avis n’avait pas empêché Nicolas Hulot, en octobre dernier, de suspendre une opération de déboisement nécessaire aux travaux préparatoires, dans l’attente d’un nouvel avis du CNPN. Au risque de décaler le chantier d’un an, puisque les déboisements ne peuvent avoir lieu qu’entre le 1er septembre et le 15 octobre pour protéger la nidification des chauves-souris, comme le rappelle Rue89 Strasbourg. Un avis qui s’était révélé favorable, mais assorti de nombreuses réserves.

Passer outre un avis défavorable

Depuis, Arcos avait dû à nouveau plancher devant les experts, notamment sur les mesures de compensation. Or, affirme l’association régionale Alsace Nature, l’avis rendu par le CNPN lui est défavorable. Sollicité, le ministère des transports n’a pas confirmé l’information, ni pris soin de publier l’avis en question pour lever l’équivoque. Ce qui n’empêche pas le communiqué ministériel de s’y référer pour fonder sa décision d’accorder l’autorisation environnementale unique. «Ce gouvernement ne veut pas passer pour celui qui passe outre un avis défavorable, dénonce Stéphane Giraud, le directeur d’Alsace nature. Techniquement parlant, je ne comprends pas comment l’Etat peut, tout en maintenant sa volonté de protéger la biodiversité, autoriser un tel dossier.» Nicolas Hulot et Elisabeth Borne semblent satisfaits des engagements du maître d’ouvrage de renforcer et pérenniser «les mesures compensatoires, notamment pour les zones humides» et de maîtriser et limiter «au maximum pour la biodiversité présente dans ces espaces» l'impact environnemental de l'aménagement foncier agricole. C’est l’avenir du Grand Hamster d’Alsace, très mal en point, qui est en jeu.

NDDL/GCO

C’est le premier grand projet sur lequel le gouvernement se prononce depuis l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Et immanquablement, les parallèles fleurissent. «C’est un projet vieux de 50 ans, qui menace une espèce endémique, très critiqué au plan local, énumère Stéphane Giraud. Cette décision est à rebours du discours d’Edouard Philippe!» Est-ce par volonté de couper court à toute velléité de débarquement en provenance de la ‘ZAD’ nantaise? «Est-ce que la compensation de Vinci pour NDDL, c’est le GCO… ?», soupire Stéphane Giraud. A l’automne, le ministre de l’écologie n’avait pas fait mystère de ses intentions: «L’Etat entend à la fois permettre la réalisation de ce projet attendu localement, et s’assurer qu’il apporte les meilleures garanties en matière environnementale.»

 

 

 



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